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LIVRE XXVIII.
Nov. 1807. à Paris, où le fils opprimé, le père involontairement oppres-seur, le favori persécuteur de tous les deux, cherchaientauprès de Napoléon un appui pour leur malheur, leur ineptieou leur crime, il n’était pas possible qu’on se livrât à de sidéplorables extravagances sans lui en écrire. En conséquence,la veille même de l’acte officiel que nous venons de rapporter,on dicta au malheureux Charles IV une lettre à Napoléon,pleine d’une ridicule douleur, dépourvue de toute dignité, oùil se disait trahi par son fils, menacé dans sa personne et sonpouvoir, et n’annonçait pas moins que la volonté de changerl’ordre de succession au trône '.
Napoléon n’avait reçu, comme on l’a vu plus haut, la lettredu 11 octobre, dans laquelle Ferdinand lui demandait sa pro-Rescjiutioiis tection et une épouse, que le 28 du même mois. II reçut suc-
île Napoléon 1,1 *
ie" nom'elies cessivement dans les journées des 5, 6 et 7 novembre, cellesde i Escimai. ^ g(m am kassadeur et de Charles IV, qui lui apprenaientl’esclandre qu’on n’avait pas craint de faire à l’Escurial. Ilétait donc en quelque sorte obligé de s’immiscer dans les
1 Voici le texte même de cette lettre :
Lettre du roi Charles IV à l’Empereur Napoléon.
«Monsieur mon frère, dans le moment où je ne m'occupais que des moyensde coopérer à la destruction de notre ennemi commun, quand je croyais quetous les complots de la ci-devant reine de Naples avaient été ensevelis avecsa fille, je vois avec une horreur qui me fait frémir que l’esprit d’intrigue apénétré jusque dans le sein de mon palais. Hélas ! mon cœur saigne en fai-sant le récit d’un attentat si affreux! Mon fils aîné, l'héritier présomptif demon trône, avait formé le complot horrible de me détrôner : il s’était portéjusqu’à l'excès d’attenter à la vie de sa mère. Un attentat si affreux doit êtrepuni avec la rigueur la plus exemplaire des lois. La loi qui l’appelait à lasuccession doit être révoquée : un de ses frères sera plus digne de le rem-placer et dans mon cœur et sur le trône. Je suis en ce moment à la recherchede ses complices pour approfondir ce plan de la plus noire scélératesse, et jene veux pas perdre un seul moment pour en instruire V. M. I. et R. en lapriant de m’aider de ses lumières et de ses conseils.
» Sur quoi, je prie Dieu, mon bon frère, qu’il veuille avoir V. M. I. et R.en sa sainte et digne garde.
«Charles,
«A Saint-Laurent, le 29 octobre 1807.»