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[Vol. 4.]
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FONTAINEBLEAU.

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affaires d’Espagne, quand môme il ne l’eût pas voulu, et cer- Nov. 1807tainement beaucoup plus tôt qu’il ne s’y attendait et ne ledésirait. Depuis quelque temps, ainsi que nous venons de lerapporter, il se disait qu’il y avait danger à laisser des Bour-bons sur un trône à la fois si haut et si voisin, et qu’il fallaitde plus renoncer à tirer de l’Espagne aucun service utile, tantqu’elle resterait aux mains d’une race dégénérée. Il ne savaitquel prétexte employer pour frapper des esclaves prosternésà ses pieds, le détestant, voulant le trahir, l’essayant quelque-fois, puis désavouant avec humilité leurs trahisons à peinecommencées. Il ne se dissimulait pas non plus le danger, endétrônant la dynastie espagnole, de heurter une nation ardenteet farouche, désirant des changements, incapable de les opérerelle-même, et prête néanmoins à se révolter contre la mainétrangère qui tenterait de les opérer pour elle. Il ajournaitdonc, n’étant ni pressé, ni fixé quant au parti à prendre,témoin le traité de Fontainebleau, qui ne contenait que desajournements. Mais un fils qui s’adressait à lui pour demanderune épouse et sa protection, un père qui lui dénonçait ce filscomme criminel, lui offraient une occasion, pour ainsi direforcée, de se mêler immédiatement des affaires d’Espagne;et tout plein encore de doutes, d’anxiétés, désirant, redoutantce qu’il allait entreprendre, l’entreprenant par une sorte d’en-trainement fatal, il donna des ordres précipités, signes d’unevolonté fortement excitée.

Jusqu’ici les mouvements de troupes prescrits par lui,n’avaient eu que le Portugal pour but \ Mais dès ce momentles préparatifs reçurent une étendue et une accélération quine pouvaient laisser aucune incertitude sur leur objet. Il avait

1 La lecture réitérée de sa correspondance la plus secrète m’a prouvé quejusqu’aux événements de l’Escurial il songeait au Portugal seul, et qu’à par-tir de ces événements il ne pensa plus qu’à l’Espagne. Les dates de sesordres, comparées avec les dates des nouvelles de Madrid, ne peuvent lais-ser aucun doute sur leur corrélation, et prouvent que les uns furent la suitecertaine des autres.

TOM. VIII.

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