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LIVRE XXVIII.
Nov. 18 ®. do disposer des troupes est la partie la plus élevée peut-être| de la seience de la guerre. Il est nécessaire à tout gouverne-5 ment, même pacifique, à titre de bonne administration. LaI grande armée dans le Nord était encore d’environ 300 mille| Français, sans compter les Polonais et les Saxons restés en| Pologne, les Bavarois, les Wurtembergeois, les Badois, les' Hessois, les Italiens acheminés vers leur pays, mais non licen-ciés, et prêts à revenir au premier appel. Napoléon avaitalors, en ajoutant à la grande armée les armées de la hauteItalie, de la Dalmatie, de Naples, des îles Ioniennes, de Por-tugal , d’Espagne, de l’intérieur, huit cent mille hommes detroupes françaises, et au moins cent cinquante mille de troupesalliées ‘, puissance colossale, effrayante, si l’on songe surtoutque la plus grande partie se composait de soldats éprouvés,que les conscrits eux-mêmes étaient enfermés dans d’ancienscadres, que tous étaient commandés par les officiers les plus
1 Nous croyons devoir citer une lettre curieuse de Napoléon à Joseph,dans laquelle il lui expose lui-mème, et en grande confidence, l'immense éten-due de ses forces, lettre où éclate, avec l’orgueil de les voir si grandes,l’embarras d’en avoir à payer de si nombreuses :
lettre <le l’Empereur au roi de Naples.
«Fontainebleau, 21 octobre 1807.
» Le grand besoin que j'ai d’établir le bon ordre dans l’état de mon mili-taire, afin de ne pas porter le dérangement dans toutes mes affaires, exigeque j'établisse sur un pied définitif mon armée de Naples, et que je sachequ’elle est bien entretenue.
«Vous jugerez du soie qu’il faut que je prenne des détails quand voussaurez que j’ai plus de 800 mille hommes sur pied. J’ai une armée encore surla Passarge, près du Niémen, j'en ai une à Varsovie, j’en ai une en Silésie,j’en ai une à Hambourg, j’en ai une à Berlin, j’en ai une à Boulogne, j’en aiune qui marche sur le Portugal, j’en ai Une seconde que je réunis àBayonne,j’en ai une en Italie, j'en ai une en Dalmatie qi.\e je renforce en ce moment de6 mille hommes, j’en ai une à Naples. J’ai des garnirons sur toutes mes fron-tières de mer. Vous pouvez donc juger, lorsque tout cela vâ refluer dans l'in-térieur de mes États et que je ne pourrai plus trouver d'allégea.’' ce étrangère,combien il sera nécessaire que mes dépenses soient sévèrement calcu'. lecs -
«Vous devez avoir un inspecteur aux revues assez habile pour vous fuff t el'état de ce que doit vous coûter un régiment selon nos ordonnances.))