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[Vol. 4.]
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LIVRE xxvni.

Toute

l’Espagne

tourne

les yeux versINapoléonet approuveFerdinandde

s’ètre adresse'à lui.

Le princede la Paixse de'cide àjouer à l’Es-curiat ie rôlede

conciliateur

entre

Charles IV etFerdinand.

Nov. 1807. la population des Espagnes ne forma qu’un vœu, ne poussaqu’un cri: ce fut de demander que les longues colonnes detroupes françaises acheminées vers Lisbonne se détournassentun moment vers Madrid, afin de délivrer un père abusé, unfils persécuté, du monstre qui les opprimait tous les deux.Ce sentiment fut général, unanime chez toutes les classes delanalion : singulier contraste avec ce qui devait bientôt, danscette même Espagne, éclater de sentiments contraires à laFrance et à son chef!

Après avoir long-temps méprisé l’Espagne, au point de scpermettre sous ses yeux tous les genres de scandales, le fa-vori commença à s’effrayer, en entendant le cri de réproba-tion qui de toutes parts s’élevait contre lui. Il sortit de son lit,où il affectait d’étre retenu par une grave indisposition, etimagina de se montrer à l’Escurial en pacificateur et en con-ciliateur. Les passions déchaînées de la reine étaient moinsfaciles à contenir que les siennes, et il eut quelque peine à luifaire entendre qu’il fallait s’arrêter dans la voie où l’on étaitentré, si on ne voulait provoquer une sorte do soulèvementpopulaire. La signature du traité de Fontainebleau venait delui être annoncée, et, quoique ce traité ne dût pas recevoirencore la consécration de la publicité, Emmanuel Godoy étaitdans la joie d’avoir obtenu la qualité de prince souverain, avecla garantie par la France do cette qualité nouvelle. 11 y voyaitune raison de sc rassurer, d’éviter toute crise violente, de re-chercher en un mot des moyens plus doux pour arriver à sonbut. Déshonorer le prince des Asturies lui semblait plus sûrque de lui infliger une condamnation, qui révolterait toutel’Espagne, et après laquelle ce prince deviendrait l’idole de lanation 1 . 11 y avait déjà un premier pas de fait dans cette voie

1 M. île Torenn a prétendu, et d'autre» écrivains ont répété, que le motifqui fit suspendre la procédure entamée contre le prince des Asturies n’étaitautre que l'injonction adressée par Napoléon au prince de la Paix de ne