FONTAINEBLEAU.
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par l’empressement du prince à offrir des aveux qu’on ne luidemandait pas, et à dénoncer des complices auxquels on nesongeait point. En conséquence, Emmanuel Godoy amena lareine, et ce ne fut pas sans difficulté, à accorder un pardon,que le prince solliciterait avec humilité, et en s’avouant cou-pable. Il se rendit donc dans l’appartement de Ferdinand,qu’on avait converti en prison, et y fut accueilli, non pas avecle mépris qu’il aurait dû essuyer de la part d’un prince douéde quelque dignité, mais avec la satisfaction qu’éprouve unaccusé qui se sent sauvé. Emmanuel Godoy fit à Ferdinand,ou reçut de lui, la proposition d’écrire à son pcre et à sa mèredes lettres dans lesquelles il solliciterait le pardon le plus hu-miliant, après quoi tout serait oublié. Ces deux lettres étaientconçues dans les termes suivants:
compromettre en rien les agents du gouvernement français, ni ce gouverne-ment lui-même. C'est là une pure supposition, démentie par les faits et parles dates. Il était très-facile de continuer ce procès sans faire figurer l’am-bassadeur de France, puisque les communications avec lui n’étaient que lemoindre des griefs, et que les autres pièces, telles que l’écrit où l'on révé-lait à Charles IV la conduite du favori, le chiffre, la nomination éventuellede M. le duc de l’Infantado, constituaient les prétendus délits du prince etde ses complices. Ce qui ie prouve mieux encore, c’est que la procédure futcontinuée contre les complices du prince, et que les griefs restant exacte-ment les mêmes, la difficulté, si elle avait existé, eut été aussi grande aveceux qu'avec le prince. Mais cette invention, je le répète, est contredite pé-remptoirement par les dates. La demande de pardon, l’acte royal qui l’ac-corde, sont du S novembre. Or, à cette époque on savait à peine à Parisl'arrestation du prince; car la saisie de ses papiers est du 27 octobre, sonarrestation du 28, la divulgation de tous ces faits à Madrid du 29. Aucunenouvelle explicite ne put donc partir de Madrid avant le 29 octobre. Tousles courriers, à cette époque, mettaient à faire le trajet de 7 à 8 jours.Ainsi la nouvelle ne pouvait pas être à Paris avant le 5 novembre. Partiemême le 27 , elle n’y eût été que le S, et on n’aurait pas eu le temps assu-rément d’ordonner à Paris, le 3 , un acte qui se consommait à Madrid le 5,qui même y avait été résolu ie 3 ou le 4. Les dates suffisent par conséquentpour démentir une pareille supposition. Le prince de la Paix ne fut décidéà jouer le rôle de conciliateur que parce que l’entreprise de faire condamnerl’héritier présomptif, pour ie priver de ses droits au trône, était au-dessusde son audace et de la patience de la nation espagnole.
JYor. 1807.
Pardonhumiliantaccorde àFerdinand,