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[Vol. 4.]
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LIVRE XXIX.

Nov. 1807.

Souffrances

horribles

dans

la marched’Alcantara àAbrantès.

rares, et en général les plus utiles, quoique souvent dangereux.Le brave Junot était de ces derniers. 11 n’hésita donc pas àpartir d’Àlcantara le 20 novembre, en renvoyant, comme nousl’avons dit, une partie des troupes espagnoles, qui semblaientpeu sûres, et en confiant aux autres le soin de border lagauche du Tage, tandis qu’il en suivrait la droite. D’une arméequi avait ôté à Bayonne de 23 mille hommes présents sous lesarmes sur 26, il en amenait \ 5 mille au plus avec lui : nonpas que les autres fussent tous morts ou perdus, mais parcequ’ils étaient incapables de continuer cette marche précipitée.11 s’avança le long du Tage par des sentiers attachés au flancdes montagnes, réduit sans cesse à monter ou à descendre,tantôt s’élevant sur la croupe des contreforts qui se détachentdu Beyra, tantôt s’enfonçant dans les ravins profonds qui lesséparent, ayant la cime des monts à sa droite, le fleuve à sagauche. Il dirigea ses deux divisions d’infanterie sur Castel-Branco par deux chemins différents. La première prit le che-min de Idanha-Nova, la seconde celui de Rosmaninal. Ellesavaient l’une et l’autre à leur suite quelques troupes légèresespagnoles. Le temps était toujours affreux, la pluie conti-nuelle, la route presque impraticable. La première division,que commandait le général Laborde, ayant eu à franchir untorrent débordé, plus large, plus profond que les autres, cebrave général mit pied à terre, entra dans l’eau jusqu’à la poi-trine, et resta dans cette position jusqu’à ce que tous ses sol-dats eussent passé. On ne vécut à la couchée qu’avec de laviande de chèvre, des glands, et une once de pain par homme.On arriva le lendemain à Castel - Branco, où les deux divi-sions se trouvèrent réunies, dans-un état difficile à décrire.La première arrivée, qui avait eu moins de’ difficultés àvaincre, alla bivouaquer au dehors, pour laisser à celle qui lasuivait, et qui était encore plus fatiguée, l’avantage do se lo-ger dans l’intérieur de Castel-Branco. On avait mis des gardesà chaque four, afin d’empècher le pillage. Grâce à ce soin, on