ARANJUEZ.
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Junot fit réparer les armes, et, réunissant les compagniesd’élite, forma une colonne de quatre mille hommes, en étatde continuer la marche sur Lisbonne. Ayant prévenu par sacélérité une résistance qui, dans les montagnes duBeyra, au-rait pu devenir invincible, il avait recueilli un premier prixde ses efforts. Mais il aurait voulu arriver à Lisbonne, de ma-nière à saisir au passage tout ce qui allait s’échapper de cettecapitale. Ce second succès était presque impossible à obtenir.
En ce moment une incroyable confusion régnait à Lisbonne.Le prince régent, qui gouvernait pour sa mère, atteinte dedémence, avait flotté entre mille résolutions contraires. Il avaitessayé, d’accord avec le cabinet de Londres, de faire accepterà Napoléon un moyen terme, qui consistait à fermer ses portsaux Anglais, sans confisquer leurs propriétés. Napoléon s’yétant refusé, le prince régent était retombé dans d’affreusesperplexités. Ses ministres, partagés sur la conduite à suivre,conseillaient, les uns de vivre comme on avait toujours vécu,c’est-à-dire de rester attachés à l’Angleterre, et de résisteraux Français avec le secours de celle-ci; les autres de sortirdes errements du passé, d’entrer dans les vues de la France,de chasser les Anglais, et de s’épargner ainsi une invasionétrangère. D’autres encore proposaient un troisième parti,dont nous avons déjà parlé, celui de fuir au Brésil, en livrantla malheureuse patrie des Bragance aux Anglais et aux Fran-çais, qui allaient s’en disputer les lambeaux. Au milieu de cespénibles hésitations, le prince régent, dès qu’il avait apprisla marche de l’armée française sur Yalladolid, avait accédé àtoutes les demandes de Napoléon, déclaré la guerre à laGrande-Bretagne, décrété la saisie de toutes ses propriétés,en donnant toutefois aux commerçants anglais le temps d’em-porter ou de vendre ce qu’ils possédaient de plus précieux.Il avait enfin dépêché à la rencontre du général Junot, pourarrêter l’armée française, des messagers, qui malheureuse-ment la cherchaient sur les routes où elle n’était pas. Lord
Nov. 1807.
Evénements
qui
se préparaientà Lisbonnependantla marchede l’arméefrançaise.