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LIVRE XXIX.

Xov. 1807 . Strangford, ambassadeur d’Angleterre, avait pris ses passe-

JLa familleroyale,

«'ayant pu flé-chir l’arméefrançaisepar

ses offresde

soumission.

prend

la résolution<le fuirau Brésil.

ports, et s’était retiré à bord de la flotte anglaise, qui avaitimmédiatement commencé le blocus du Tage.

L’apparition imprévue de l’armée française sur la routed’Alcantara à Abrantôs, sans qu’aucun des émissaires envoyéspût ralentir sa marche, fit naître une indicible terreur dansl’âme du régent, terreur partagée par tous ses parents et con-seillers. L’idée de fuir prit alors le dessus sur toutes les autres.Lord Strangford, sachant ce qui se passait, s’empressa de re-paraître à Lisbonne, en apportant des nouvelles de Paris, quiavaient passé par Londres, et qui annonçaient la résolutionprise par Napoléon de détrôner la maison de Bragance '. Cesnouvelles et sa présence décidèrent définitivement le départde la famille royale pour le Brésil. On avait, dans la supposi-tion qu’il faudrait peut-être fermer le Tage aux Anglais, armé,tant bien que mal, ce qui restait de la flotte portugaise, c’est-à-dire un vaisseau de quatre-vingts, sept de soixante-qua-torze, trois frégates et trois bricks. La nouvelle de l’entrée deJunot à Abrantès, auquel il suffisait de trois marches pour ar-river à Lisbonne, ayant été connue dans cette capitale le 27 no-

’ Plusieurs historiens, tant portugais qu’espagnols et français, ont pré-tendu que lord Strangford décida le prince re'gent à quitter le Portugal enproduisant un Moniteur du 11 novembre, arrivé par la voie (le Londres,contenant un décret impérial semblable si celui qui avait prononcé la dé-chéance de la maison de Naples, et déclarant que ta maison de Braganceavait cessé de régner. Cette assertion, si elle n’est pas tout à fait inexacte,est cependant erronée. Le Moniteur ne renferme, ni à la date du 1 \ novem-bre, ni h des dates antérieures ou postérieures, un décret portant que lamaison de Bragance avait cessé de régner. Cette forme employée en 4 806contre la maison de Naples, après une trahison impardonnable, ne pouvaitpas se renouveler contre des familles régnantes, qui n’avaient fourni a Na-poléon aucun prétexte de les traiter de la sorte. Le dépôt des minutes à lasecrétairerie d’Ktat ne renferme pas plus que le Moniteur le décret dont onparie contre la maison de Bragance. Mais le Moniteur du -13 novembre con-tient, sous la rubrique Paris, date du 12, un article sur les diverses expédi-tions des Anglais contre Copenhague, Alexandrie, Constantinople et Buenos-Ayres. Dans cet article, dicté évidemment par Napoléon, et tendant àinon-