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[Vol. 4.]
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ARANJUEZ.

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lettres de l’agent Yzquierdo, qui ne pouvait dissimuler à sonpatron les appréhensions dont il commençait à être saisi. Cesappréhensions ne reposaient, il est vrai, sur aucun fait pré-cis, car Napoléon n’avait dit à personne sa.pensée sur l’Es-pagne , et n’avait pu la dire, incertain encore de ce qu’il ferait.Mais ce penchant fatal à remplacer partout la famille de Bour-bon par la sienne, penchant qui dominait son âme au pointde lui faire oublier toute prudence, quelques esprits douésde clairvoyance le pressentaient, et Napoléon, sans avoirparlé, était deviné par plus d’un observateur. Le silence qu’ilgardait, tout en se livrant à des préparatifs très-apparents,avait surtout frappé l’agent Yzquierdo, l’homme le plus habileà découvrir ce qu’on voulait lui cacher, et ce dernier ne ces-sait d’écrire au prince de la Paix que, bien que Napoléon fûtparti pour l’Italie, qu’autour de ses ministres et de sesconfidents il ne circulât aucun propos, pourtant il y avaitdans tout ce qu’il voyait un mystère qui le remplissait d’m-quiétude.

Aussi le prince de la Paix et la reine étaient-ils singulière-ment agités. La reine, souvent indisposée, cachant son troublesous un calme affecté, son âge sous les parures les plus re-cherchées, laissait néanmoins échapper malgré elle de fréquentséclats de colère. Elle remplissait le palais de ses emporte-ments, demandait le sacrifice de tous ceux qu’elle croyait sesennemis, exprimait follement la volonté de faire tomber latête du chanoine Escoïquiz et du duc de l’Infantado, et s’in-dignait contre l’obséquieux ministre de la justice Caballero,qui, tout tremblant, se bornait à opposer à ses désirs les dif-ficultés naissant d’anciennes lois du royaume, inviolées et in-violables. Elle allait jusqu’à déclarer ce ministre un traître,vendu à Ferdinand. Celui-ci de : son côté, mécontent de cemême ministre, l’appelait un vil exécuteur des volontés de,samère, et se promettait d'en tirer plus fard,nne vengeance écla-tante. Le prince de la Paix croyant, dans son intérêt même,

Nov. 1807.

Sinistrespressentimentsde l’agentYzquierdo,communiquésà la courd’Espagne.

Agitationscroissantesde la reine.