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[Vol. 4.]
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LIVRE XXIX.

Nov. 1807.

Effortsdu princede la Paixpour calmerl’exasperationde la reine.

Scandaleuxtémoignagesde faveurprodigue'sau princede la Paixpar la reineet le roi.

utile de calmer la reine, la comblait de prévenances, et avaitpassé pour elle d’une indifférence insultante à des attentionsde tous les moments. Bien qu’il allât le soir chez les demoi-selles Tudo reposer son âme des fatigues de l’intrigue et dela crainte, il prodiguait le matin à cette reine exaspérée lessoins d’un courtisan fidèle ; et l’on voyait ces deux amants,qu’à leurs infidélités nombreuses on avait dû croire dégoûtésl’un de l’autre, ramenés par des terreurs et des haines com-munes à une intimité qui présentait tous les semblants de l’a-mour. En public, la reine témoignait au prince de la Paix unredoublement d’affection, et se plaisait à braver par ses té-moignages la pudeur des assistants et l’aversion de ses en-nemis. La cour était déserte. Tout ce qu’il y avait d’honnêtel’avait abandonnée. Quand la famille royale paraissait hors desjardins de l’Escurial, le peuple restait silencieux, excepté pourle prince des Asturies, qu’il poursuivait de ses acclamations,au point que la reine avait fait rendre une ordonnance de po-lice par laquelle toute acclamation était interdite. Elle avaitpoussé l’extravagance de ses volontés jusqu’à ordonner unTe Deum, pour remercier le ciel de la protection miraculeusequ’il avait accordée au roi, en déjouant les complots du princedes Asturies. Entre les membres de la grandesse, tous con-voqués, quatre seulement avaient paru, deux Espagnols, deuxétrangers, consternés tous les quatre de leur propre bassesse.Au sortir de l’église, la reine avait montré à Emmanuel Godoyune tendresse, une familiarité outrageantes pour les assistants ;et l’infortuné Charles IV lui-même n’apercevant rien de cesinfamies, mais sentant confusément le péril de la situation,avait mis sans le vouloir le comble au scandale, en s’appuyantsur le bras du favori, comme sur un bras puissant duquel ilespérait son salut. Déplorable spectacle, honteux non-seule-ment pour le trône, mais pour l’humanité elle-même, dontla dégradation, manifestée en si haut lieu, devenait pluséclatante!