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[Vol. 4.]
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LIVRE XXIX.

Nov. 1807.

Soin

»lu princecie la Paixde faire sortirde Madridses objetsles plusprécieux.

Bruits

généralementrépandusd'un prochaindépartde la familleroyale pourl'Ain eïique.

Véritédes bruitsde départ.

Ni le prince de la Paix, ni les femmes de rang si différentqui s’intéressaient à son sort, ne croyaient beaucoup à cesnouvelles. La crainte les tourmentait, et leur inspirait desprécautions de la nature de celles qu’on prend en Orientcontre la fortune ou contre la tyrannie. Ainsi on accumulaitchez le prince de la Paix l’or et les pierreries. On démontaitde superbes parures, pour en détacher les diamants qu’ontransportait chez lui, avec de fortes valeurs en numéraire.Chacun avait pu voir la nuit des mulets chargés sortir de sademeure, les uns dirigés vers Cadix, les autres vers le Ferrol.Le peuple, suivant sa coutume, exagérait ces faits, et lesgrossissait démesurément. Il parlait de cinq cents millions enespèces, amassés chez le prince de la Paix, et partis ensuiteen plusieurs convois pour des destinations inconnues. Ces ré-cits fabuleux. concordant avec la fuite de la maison de Bra-gance, avaient fait naître de toutes parts la supposition quele prince de la Paix voulait entraîner la famille royale auMexique, pour prolonger au delà des mers un pouvoir quiexpirait en Europe. Propagée avec une incroyable rapidité,cette supposition avait indigné tous les Espagnols. L’idée devoir la famille royale d’Espagne fuir lâchement comme la fa-mille royale de Portugal, emmener prisonnier un prince adoré,laisser à Napoléon un royaume vacant, les révoltait, et cettecrainte avait ajouté, s’il était possible, à la fureur populairequ’excitait le favori. Toutes les semaines, le bruit que lesrichesses de la couronne avaient été emballées pour être se-crètement emportées à Cadix, et que le prince de la Paixallait conduire la famille royale à Séville, se répandait commeune sinistre rumeur, soulevait les esprits, déchaînait les lan-gues, s’évanouissait ensuite pour un moment, quand les faitsne venaient pas le confirmer, et renaissait de nouveau commeles sourds mugissements qui précèdent la tempête.

Et quelque faux que soient, eu général, les bruits qui cir-culent chez un peuple agité, ceux-ci n’étaient pas sans fonde-