ARANJUEZ.
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ment. Bien avant la fuite de la maison de Bragance, le projetde cette fuite avait été communiqué à la cour de Madrid, sou-mis à son jugement, discuté avec elle, à ce point qu’il en avaitété parlé à l’ambassadeur de France. Frappé de cet exemple,le prince de la Paix, quand il désespérait de sa situation,aimait à rêver en Amérique un asile où il irait chercher lerepos, la sécurité, la continuation de son pouvoir. Il s’en étaitouvert à la reine, à qui ce projet convenait fort, et, pour ydisposer le roi, il avait commencé à l’effrayer des intentionsde Napoléon. Après lui avoir dit sur ce sujet plus qu’il nesavait, mais pas plus qu’il n’y avait, il s’était longuementétendu sur un plan de fuite en Amérique, comme sur le partile plus sûr, le plus profitable même à l’Espagne. Résister auxarmées de Napoléon, suivant le prince de la Paix, était im-possible. On pouvait lutter, mais pour finir par succomberdevant celui que l’Europe entière avait vainement essayé decombattre, et dans cette lutte on perdrait non-seulementl’Espagne, mais le magnifique empire des Indes, cent fois plusbeau que le territoire européen do la maison de Bourbon. Lesprovinces d’outre-mer, déjà fort remuées par le soulèvementdes colonies anglaises, ne demandant qu’à se déclarer indé-pendantes , fort travaillées en ce sens par les agents britanni-ques , profiteraient de la guerre qui absorberait les forces dela métropole pour secouer le joug de celle-ci, et ainsi, outreles Espagnes, on se verrait enlever le Mexique, le Pérou, laColombie, la Plata, les Philippines. Au contraire, en se réfu-giant aux colonies, on les maintiendrait par la présence de lafamille régnante, qu’elles seraient heureuses d’avoir à leurtête pour former un empire indépendant; et si Napoléon, tou-jours plus odieux à l’Europe, à mesure qu’il devenait pluspuissant, finissait par succomber, on reviendrait sur l’anciencontinent, plus assuré de la fidélité des provinces d’Amériqueavec lesquelles on aurait resserré ses liens, et ayant dansl’intervalle échappé, par un simple voyage, au bouleverse-
Nov. 1807.
Raisonsque fait valoirle prince«le la Paixen faveurde la retraiteen
Aine'rique.