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[Vol. 4.]
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LIVRE XXIX.

Nov. 1807. léon, dans une seconde lettre jointe à la première, l’exécutionimmédiate du traité de Fontainebleau, la publication de cetraité, et l’entrée eu possession pour les copartageants desprovinces portugaises du lot qui leur revenait à chacun. Cetteréclamation, inspirée par le prince de la Paix, lui tenait fortà cœur, car il était impatient de se voir proclamer prince sou-verain; elle était en outre dans les intérêts bien entendus dela maison d’Espagne, puisque, par ce traité, Charles IV avaitreçu de Napoléon la garantie de ses États, et le titre de roides Espagnes et d'empereur des Amériques. La publicationdu traité de Fontainebleau eût été, dans le moment, un pré-servatif puissant contre les projets vrais ou supposés d’in-vasion.

En attendant cette publication, on ne s’était pas fait faute,comme nous l’avon3 dit, de commettre des indiscrétions detout genre, et de divulguer le traité tout entier. On débitaitpubliquement dans les rues de Madrid, en exagérant mômeles assertions de la maison Tudo, que le prince de la Paixallait être déclaré roi de Portugal, Charles IV empereur desIndes; qu’en un mot la faveur de Napoléon à l’égard d’Emma-nuel Godoy allait se manifester d’une manière éclatante. Dansles instants fort courts où l’on ajoutait foi à ces bruits, onouvrait les yeux à moitié ; on disait que, sans doute, Napoléonse préparait à détrôner les derniers Bourbons comme il avaitdétrôné tous les autres, qu’il était d’accord avec Godoy pourse les faire livrer, et qu’il lui donnait le Portugal, pour queGodoy à son tour lui donnât l’Espagne. On calomniait ainsi cepersonnage si difficile à calomnier; car, s’il était vrai qu’il eûtasservi, avili et perdu ses maîtres, il n’était pas vrai qu’il leseût trahis en faveur de Napoléon. Heureusement pour la po-pularité de Napoléon en Espagne, ces bruits ne trouvaientpas longue créance. M. de Beauharnais, à qui sa cour laissaittout ignorer, affirmait qu’il n’avait aucune connaissance de cetraité, et avec tant de bonne foi que personne ne doutait de