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LIVRK XXIX.
Dec. 1807. chandises avant l’acquittement des droits de douanes. 11 pour-vut à la santé publique en transportant les sépultures deséglises dans une île destinée à cet usage; il s’occupa des plai-sirs du peuple en réparant et faisant éclairer la place deSaint-Marc, éternel objet de l’orgueil et des souvenirs desVénitiens; il assura enfin l’existence des marins par la réor-ganisation de tous les anciens établissements de bienfaisance.Après avoir répandu ces bienfaits, et reçu en retour milleacclamations, Napoléon partit pour visiter le Frioul, pour voirles fortifications de Palma-Nova et d’Osoppo, qu’il ne cessaitde diriger de loin, et qu’il regardait avec Mantoue et Alexan-drie comme les gages de la possession de l’Italie. Osoppo etPalma-Nova sur l’izonzo, Peschiera et Mantoue sur le Mincio,Alexandrie sur le Tanaro, étaient à ses yeux les échelonsd’une résistance presque invincible contre les Allemands , siles Italiens mettaient quelque énergie à se défendre. 11 étaitvenu par Porto-Legnago à Mantoue, où il devait revoir sonfrère Lucien, pour essayer d’un rapprochement dont il avaitle plus vif désir, mais qu’il ne voulait accorder qu’à certainesconditions. M. de Meneval alla pendant la nuit chercher Luciendans une hôtellerie, et le conduisit au palais qu’occupait Na-
Entrevue poléon. Lucien, au lieu de se jeter dans les bras de son frère,
de Napoléon A
avec Lucien Faborda avec une fierté fort excusable, puisqu’il était des deux
Bonaparte ' A 1
à Mantoue. f r ères celui qui n’avait aucune puissance, mais poussée peut-être au delà de ce qu’une dignité bien entendue aurait exigé.L’entrevue fut donc pénible et orageuse, mais non sans résul-tat utile. Napoléon, au nombre des combinaisons possibles enEspagne, rangeait encore l’union d’une princesse françaiseavec Ferdinand. Dans le moment, en effet, il venait de rece-voir la lettre du roi Charles IV, renouvelant la demande d’unmariage ; et bien qu’il inclinât vers une résolution plus radi-cale, cependant il n’excluait pas de ses projets cette espècede moyen terme. Il voulait donc que Lucien Bonaparte luidonnât une fille qui était issue d’un premier mariage, pour