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LIVRE XXIX.
ivv. 1808. motifs, la tristesse régnait à Aranjuez dans l’intérieur royal,et au Buen-Retiro, chez la comtesse de Gastelfiel, favorite dufavori. Ici et là on commençait à ouvrir les yeux, et à recon-naître qu’à force de bassesses on avait inspiré à Napoléonl’audace de renverser une dynastie avilie, méprisée de tousles Espagnols. Chaque jour l’idée d’imiter la maison de Bra-gance et de fuir en Amérique revenait plus souvent à l'espritdes meneurs de la cour, et devenait l’occasion de bruits plusfréquents. Emmanuel Godoy et la reine s’étaient presque dé-finitivement arrêtés à cette résolution, et ils faisaient secrète-ment leurs préparatifs, car les envois d’objets précieux versles ports étaient encore plus nombreux et plus signalés quede coutume. Mais il fallait décider le roi d’abord, dont la fai-blesse craignait les fatigues d’un déplacement presque autantque les horreurs d’une guerre; il fallait décider aussi les prin-ces du sang,’ don Antonio, frère de Charles IV; Ferdinand,son fils et son héritier, ainsi que les plus jeunes infants : ilsuffisait qu’une indiscrétion fût commise pour soulever la na-tion contre un tel projet. Le prince de la Paix, afin de couvrirles préparatifs qui s’apercevaient du côté du Ferrol et du côtéde Cadix, répandait le bruit qu’il allait lui-même, en sa qua-lité de grand-amiral, faire l’inspection des ports, et qu’il de-vait débuter par ceux du Midi.
Mais avant d’en arriver à cette fuite, qui, même pour GodoyAvant et la reine, n’était qu’un parti extrême, il convenait d’essayer
de prendre 711 * J
de ie ia P fiîue tous l es mo y ell s pour arracher à Napoléon le secret de sesd'Espagne fait intentions, et fléchir s’il se pouvait sa redoutable volonté. Il'"tentative^ n’était rien en effet qu’on ne dût tenter avant de se déciderde NapoÆon. soi-même à quitter l’Espagne, et avant d’y contraindre Char-Xouveiie les IV. En conséquence, pour répliquer à la dernière réponsede châties iv Napoléon, on lui fit écrire par Charles IV une nouvellerKinpereiir. | e {t,- e ( à la date du 5 février, huit ou dix jours après la con-clusion du procès de l’Escurial, dans le but de le forcer às’expliquer, de toucher son cœur s’il était possible, d’en