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LIVRK XXIX.
F p'v. 1808.
Nécessitéde s’entendreavec la Russieavant de rienentreprendreen
Espagne. ,
Arrivéeà Parisde
3\J. de Tolstoj ,et caractèrede cct ambas-sadeur.
blante, il eût été souverainement imprudent de ne pas s’assu-rer , à la veille du plus grand acte d’audace, l’adhésion cer-taine de la Russie. C’était en effet l’un des graves inconvé-nients de l’entreprise d’Espagne que d’entraîner inévitable-ment des sacrifices en Orient, et ce fut, comme on le verraplus tard, l’une des plus regrettables fautes de l’Empereur danscette circonstance, que de n’avoir pas su faire franchementces sacrifices. Il en eût été autrement , si ayant moins entre-pris au Nord, si ayant abandonné l’Allemagne à la Prussesatisfaite, il n’avait pas eu à laisser sur la Vistule trois centmille vieux soldats, qui composaient la véritable force de l’ar-mée française. Se bornant alors à occuper l’Italie et l’Espagne,ayant ses armées concentrées derrière le Rhin et personne àcraindre ou à soutenir au delà de cette frontière, il aurait puse dispenser d’acheter par des sacrifices le concours de laRussie. Et si elle avait voulu profiter de l’occasion pour sejeter en Orient, l’Autriche elle-même, quoique inconsolablede la perte de l’Italie, fût devenue l’alliée de la Franco pourdéfendre le bas Danube. Mais Napoléon ayant détruit la Prusse,créé en Allemagne des royautés éphémères, et semé du Rhinà la Vistule la haine et l’ingratitude, il lui fallait au Nord unallié, même chèrement acheté.
Le général Savary avait été remplacé à Saint-Pétersbourgpar M. de Caulaincourt, et presque en même temps M. deTolstoy, ambassadeur de Russie, était arrivé à Paris. Celui-ciétait, comme nous l’avons dit, militaire, frère du grand-ma-réchal du palais, imbu des opinions de l’aristocratie russe àl’égard de la France, mais membre d’une famille qui jouissaitde la faveur impériale, qui mettait cette faveur au-dessus deses préjugés, et qui voyait dans la conquête de la Finlandeet des provinces du Danube une excuse suffisante pour lesdéfectionnaires qui passeraient de la politique anglaise à lapolitique française. — Mon frère s’est dévoué, avait dit legrand - maréchal Tolstoy à M, de Caulaincourt; il a accepté