A R A N J U E Z.
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l’ambassade de Paris; mais s’il n’obtient pas quelque chose de Fév. isosgrand pour la Russie, il est perdu, et nous le sommes tousavec lui — Ces paroles prouvent dans quel esprit venait enFrance le nouvel ambassadeur. Alexandre lui avait racontéce qui s’était passé à Tilsit comme il aimait à se le rappeleret à le comprendre, et, après cette communication fort altéréedes entretiens de Napoléon, M. de Tolstoy avait cru que toutétait dit, que le sacrifice de l’empire d’Orient était fait, qu’iln’arrivait à Paris que pour signer le partage de la Turquie,et l’acquisition sinon de Constantinople et des Dardanelles,au moins des plaines du Danube jusqu’aux Balkans. De plus,il s’était arrêté en route auprès des malheureux souverains dela Prusse, dépouillés d’une partie de leurs États, et privés depresque tous leurs revenus, par l’occupation prolongée desprovinces qui leur restaient. M. de Tolstoy, pensant que si laconquête des provinces d’Orient intéressait la gloire de la Rus-sie, l’évacuation des provinces prussiennes intéressait sonhonneur, venait à Paris avec la double préoccupation d’obte-nir une partie de l’empire turc, et de faire évacuer la Prusse.
Ajoutez à tout cela qu’il était susceptible, irritable, soupçon-neux , et fort enorgueilli de la gloire des armées russes.
Napoléon s’était promis de le bien recevoir, et de lui faireaimer le séjour de Paris, pour qu’il contribuât par ses rap-ports au maintien de l’alliance. Mais il le trouva tellement vif,tellement intraitable sur la double affaire de l’évacuation dela Prusse et de l’acquisition des provinces du Danube, qu’ilen fut importuné. 11 se sentait si fort, et il était lui-même sipeu patient, qu’il ne pouvait pas supporter long-temps l’in-sistance de M. de Tolstoy. Napoléon, ne dissimulant qu’à moi-tié l’ennui qu’il ressentait, dit au nouvel ambassadeur que si,après avoir évacué toute la vieille Prusse et une partie de laPoméranie, il continuait à occuper le Brandebourg et la Si-
1 Ces paroles sont textuellement extraites de la correspondante secrète,si souvent citée par nous.