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[Vol. 4.]
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LIVRE XXIX.

Fév. 1808.

EnvoiiVime no incontenantlos opinions«lu cabinet russesur le partagede l’empireturc.

ayant Sainte-Sophie, ne voulaient pas abandonner aux Fran-çais le détroit des Dardanelles, qu’ils étaient importunés devoir en la possession des Turcs, si faibles qu’ils fussent. Ils re-fusaient même Constantinople à ce prix, et déclaraient, ce quiétait vrai, qu’ils préféraient le premier partage partiel, celuiqui laissait aux Turcs le sud des Balkans et Constantinople.Satisfaits, dans ce cas, d’avoir les vastes plaines du Danubejusqu’aux Balkans, ils consentaient à ajourner le reste de leurconquête, et aimaient mieux voir les clefs de la mer Noir dansles mains des Turcs que de les mettre dans celles des Français.

On avait beau discuter sur ce grave sujet, on ne pouvaitpas s’entendre, et la querelle interminable qui s’élevait, au-dacieuse et folle anticipation sur les siècles, révélait l’intérêtvrai de l’Europe contre la Russie dans la question de Cons-tantinople. L’Empire français, devenu en ce moment grandcomme l’Europe elle-même, en ressentait tous les intérêts,et ne voulait pas livrer le détroit d’où les Russes menacerontun jour l’indépendance du continent européen. C’était bienassez, en leur livrant la Finlande, de leur avoir procuré lemoyen de faire un pas vers le Sund, autre détroit d’où ils neseront pas moins menaçants dans l’avenir. Lorsque, en effet,le colosse russe aura un pied aux Dardanelles, un autre surle Sund, le vieux monde sera esclave, la liberté aura fui enAmérique : chimère aujourd’hui pour les esprits bornés, cestristes prévisions seront un jour cruellement réalisées; carl’Europe, maladroitement divisée comme les villes de la Grècedevant les rois de Macédoine, aura probablement le même sort.

Après avoir long-temps discuté, le ministre russe et l’am-bassadeur français n’avaient fait que mûrir leurs idées, commeils disaient. Il n’y avait plus que le rapprochement des deuxsouverains qui pût terminer ces gigantesques désaccords. 11fut donc convenu que l’exposé des deux plans serait adresséà Napoléon, avec prière d’envoyer ses opinions, et offre d’uneentrevue pour les concilier avec celles de l’empereur Alexan-