ARANJUEZ.
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dre. On devait adopter pour cette entrevue un lieu fort voisin F « v - isœ.de France, tel qu’Erfurt, par exemple. Mais écrire de pareilleschoses coûtait même à ceux qui avaient osé les dire. M. deGaulaincourt, averti quelquefois par son bon sens de ce qu’ellesavaient de chimérique ou d’effrayant, aima mieux laisser lesoin de les consigner par écrit à M. de Romanzoff. Celui-ciaccepta cette tâche, et présenta une note, minutée tout en-tière de sa main, que M. de Gaulaincourt devait adresser im-médiatement à Napoléon. Cependant s’il osa l’écrire, il n’osapoint la signer. Il la remit lui-même écrite de sa main, maisnon signée, et, pour lui donner pleine authenticité, l’empe-reur Alexandre déclara de vive voix à M. de Caulaincourt quecette note avait sa pleine approbation, et devait être reçue,quoique dépourvue de signature, comme l’expression authen-tique de la pensée du cabinet russe '.
1 Nous croyons devoir citer cette pièce elle-même, monument peut-êtrele plus curieux de ce temps extraordinaire, copiée textuellement sur la mi-nute écrite de la main de M. de Romanzoff, envoyée à Napoléon, et conte-nue aujourd'hui dans le dépôt du Louvre. Nous avons tenu la pièce originale,et nous affirmons la rigoureuse exactitude de la citation qui suit :
«Puisque S. M. l’empereur des Français et roi d’Italie, etc., vient dejuger que, pour arriver à la paix générale et affermir la tranquillité del’Europe, il y fallait affaiblir l'empire ottoman par le démembrement de sesprovinces, l’empereur \lexandre, fidèle à ses engagements et à son amitié,est prêt à y concourir.
»La première pense'c qui a du se présenter à l’empereur de toutes lesRussies, qui aime à se retracer le souvenir de Tilsit, lorsque cette ouver-ture lui a etc faite, c’est que l’empereur, son allié, voulait porter tout desuite à exécution ce dont les deux monarques étaient convenus dans le traitéd’alliance relativement aux Turcs, et qu’il y ajoutait la proposition d’uneexpédition dans l’Inde.
«L’on était convenu à Tilsit que la puissance ottomane devait être reje-tée en Asie, ne conservant en Europe que la ville de Constantinople et laHomélie.
«L’on en avait alors tiré cette conse'quencc, que l’empereur des Françaisacquerrait l’Albanie, la Morée et l’île de Candie.
«L’on avait dès lors adjugé la Valachie, la Moldavie h la Russie, donnantà cet empire le Danube pour limite, ce qui comprend la Bessarabie, qui, eneffet, est une lisière au bord de la mer, et que communément l’on considère