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LIVRE XXIX.
Kdv. 1808 .
Dernière
lettre
de Napoléon àCharles IV.
dont on l’aurait rempli. Le grand-maréchal Duroc eut l’ordred’écrire à M. Yzquierdo qu’il ferait bien de retourner immé-diatement à Madrid 1 , afin de dissiper les épais nuages quis’étaient élevés entre les deux cours. On ne disait pas quelsnuages, mais M. Yzquierdo savait à quoi s’en tenir, et il suffi-sait de le faire partir pour causer à la cour d’Espagne uneagitation après laquelle elle ne pourrait plus demeurer enplace, et serait amenée à une résolution définitive. M. Yz-quierdo quitta Paris le jour même.
11 fallait en même temps répondre à la lettre du 5 février,par laquelle Charles IV éperdu avait demandé à Napoléon dele rassurer sur ses intentions, et sur la marche des troupesfrançaises qui s’avançaient en ce moment vers Madrid. Danscette lettre Charles IV n'avait plus parlé du mariage de sonfils avec une nièce de Napoléon, voyant que celui-ci affectaitde ne plus songer à cette proposition. Comme quelqu’un quicherche une mauvaise querelle, Napoléon, au lieu de s’appli-quer dans sa réponse à dissiper les alarmes de Charles IV,sembla se plaindre de ce qu’au sujet du mariage on gardaitun silence dont il avait lui-même donné l’exemple. Cette ré-ponse, datée du 25 février, était fort courte et fort sèche. U yrappelait que le 18 novembre le roi Charles lui avait demandéune princesse française, qu’il avait répondu le 10 janvier parun consentement conditionnel ; que le 5 février le roi Charles,lui écrivant de nouveau, ne lui parlait plus de ce mariage; etil ajoutait que cette dernière réticence le laissait dans desdoutes dont il avait besoin de sortir, pour régler des objetsd'un grande importance.
Cette nouvelle lettre, qui n’était qu’un refus de rassurerl’infortuné Charles IV, et qui, rapprochée des autres circons-tances du moment, devait le remplir d’effroi, fut portée parM. de Tournon, chambellan de l’Empereur , lequel avait déjà
1 La lettre est au Louvre et parte la date du 2 b février,