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[Vol. 4.]
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ARANJUEZ.

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que jamais disposé à s’occuper de Ja chose publique avec unredoublement d’ardeur. Relégué à l’extrémité du continent; ’ity avait plus d’un siècle qu’il n’avait été sérieusement mêléaux affaires de l’Europe. Quelques batailles navales, quelquesopérations en Italie, une guerre d’un moment sur les Pyré-nées en 1793, n’avaient pu ni épuiser, ni même satisfaire sesénergiques passions. Assistant avec l’impatience d’un specta-teur qui voudrait y jouer un rôle aux grands événements dusiècle, il était on ne peut pas plus préparé à prendre à touteschoses une part immodérée.

Tel était le pays, tel était le peuple au milieu duquelnous arrivions en mars 1808, en passant l’Ebre. Murat futencore bien reçu à Burgos, capitale de la Vieille-Castille,c’est-à-dire avec curiosité et espérance. Cependant la classeinférieure, moins occupée que la bourgeoisie de ce que lesFrançais venaient faire en Espagne, semblait plus affectée dudéplaisir de voir des étrangers envahir son sol, et il y eut çàet là, entre la vivacité pétulante de nos jeunes soldats et lagravité orgueilleuse du bas peuple espagnol, quelques colli-sions, et quelques coups de couteau vengés à l’instant même pardes coups de sabre. H y avait dans cette première rencontredes deux peuples une circonstance fâcheuse. Il aurait falluprésenter à ces fiers Espagnols, si enclins dans leur ignoranceà mépriser tout ce qui n’était pas eux, quelques-uns des sol-dats de la grande armée, qui leur eussent imposé par leurvieille assurance, leurs blessures, leurs moustaches grises.Mais nos légions, composées de conscrits de 1807 et 1808,n’ayant jamais vu le feu, encadrées, comme nous l’avons dit,avec des officiers pris dans les dépôts, ou tirés de la retraite(c’était surtout le cas des officiers des cinq légions de réserve),n’avaient pour les faire respecter que l’immense renomméede nos armées. Parties à la hâte des dépôts, sans qu’on eûtcomplété ni leur vêtement, ni leur chaussure, ni leur ar-mement, elles n’avaient pas même l’éclat de l’équipement pour

Mars 1808.

Entréede Murat àBurgos.

Fâcheuxcfî'et produitsur

les Espagnolspar la pre'sencede troupestrop jeunes.