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[Vol. 4.]
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LIVRE XXIX.

Mars 1*08.

Arrivéea Madrid deM* Yzquierdo,et ses rapportsalarmantsà la courd’Espagne.

occupée d’un seul objet, et on se remit à penser à la cour, àsouhaiter sa chute, à la demander aux Français.

Du reste le moment de la catastrophe approchait. Napoléonavait fait partir de Paris, vers le 25 février, M. Yzquierdo pourporter l’épouvante dans le cœur des souverains de l’Espagne,etM. deTournon pour remettre une nouvelle lettre, inquiétanteà force d’étre insignifiante ; car lorsqu’on lui avait demandéune princesse pour Ferdinand, il avait éludé en s’informant sice prince était rentré en grâce; et maintenant qu’on ne lui parlaitplus de mariage, il demandait qu’on lui en parlât. Ces contra-dictions, sinistrement expliquées par|les rapports de M. Yz-quierdo, par la marche des troupes françaises, par le silence deMurat, devaient amener à Madrid la crise long-temps attendue.

M. Yzquierdo, arrivé à Madrid du 3 au 4 mars, fut pré-senté le 5 à Aranjuez à toute la famille royale. Ses rapportsfurent des plus alarmants, et remplirent d’effroi tant la familleroyale que la société intime du prince de la Paix, sa mère,ses sœurs, sa confidente mademoiselle Tudo. M. Yzquierdo,après avoir fait connaître l’état de la négociation entamée avecM. de Talleyrand, laquelle aurait dû aboutir à concéder auxFrançais les provinces de l’Èbre et l’ouverture des coloniesespagnoles, M. Yzquierdo déclara que cette négociation, toutedésolante qu’elle pouvait paraître, n’était elle-même qu’unvéritable leurre; que Napoléon évidemment voulait autre chose,c’est-à-dire le trône d’Espagne pour un de ses frères. M. Yz-quierdo parvint aisément à convaincre la cour d’Aranjuez,déjà saisie de terreur, et à lui persuader que si elle ne prenaitpas un parti décisif, elle était perdue. L’arrivée de M. de Tour-non et la remise de la lettre dont il était porteur n’étaient pasfaites pour dissiper les alarmes excitées par M. Yzquierdo.Charles IV, malade, souffrant d’un rhumatisme au bras, reçutM. de Tournon avec une politesse à travers laquelle perçaitun profond chagrin; la reine et le favori le reçurent avec unsourire contraint, et cachant mal leur haine furieuse. Char-