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[Vol. 4.]
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AR ANJUKZ.

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tie du palais, ces conseillers de la couronne, conservant surleur visage et dans leur langage l’agitation dont ils étaientpleins, laissèrent entendre des paroles qui apprirent au publicde quoi il s’agissait, de quoi on était menacé.

De son côté le prince des Asturies, son oncle don Antonioavaient communiqué à leurs affidés ce qui était à leur con-naissance, et avaient en quelque sorte demandé secourscontre la violence qu’on leur préparait. Les officiers dévouésque le prince comptait dans les gardes du corps, avaient parléà leur troupe, qui était disposée à enfreindre toutes les règlesde la subordination au premier mot qu’on lui dirait. La do-mesticité qui savait par les préparatifs mêmes qu’elle avaitfaits, à quel point le voyage était prochain, et qui se détachaitavec regret du vieux séjour où elle était habituée à vivre,avait prévenu les habitants d’Aranjuez. Ceux-ci, désolésd’être privés de la présence de la cour, étaient résolus àempêcher son départ, et ils avaient, en ébruitant dans lescampagnes environnantes le projet de fuite, attiré les re-doutables paysans de la Manche, très-fâchés aussi de voirla cour les quitter et leur enlever l’avantage de la nourrir.L’affluence à Aranjuez devenait extrême, et déjà les visages lesplus sinistres et les plus étranges commençaient à y paraître.Un personnage singulier, le comte de Monlijo, persécuté parla cour, ayant, avec la naissance et la fortune d’un grandseigneur, l'art et le goût de remuer les masses populaires,était au milieu de cette foule, prêt à lui donner le signal del’insurrection. On voyait donc des bourgeois d’Aranjuez, despaysans de la Manche, mêlés à des gardes du corps, réunistous par l’anxiété, l’intérêt, la passion, faire autour du châ-teau une garde continuelle.

Le lundi 14, lendemain de l’altercation entreM. de Caballeroet le prince de la Paix, fut extrêmement agité. Le mardi 15,le spectacle des derniers préparatifs de la cour, les proposdes ministres dissidents, certaines paroles attribuées au prince

Mars 1803.

Les habitantstTAranjuez,les paysansde la Manche,mêlés

à des gardesdu corps,font autourdu clialeauune tsardecontinuelle.

Proclamation

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