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LIVRE XXIX.

Mars 1808. des Asturies, qui demandait secours, disait-on, contre ceuxqui voulaient l’emmener en Andalousie, produisirent une telleémotion qu’on s’attendait à chaque instant à voir éclater uneinsurrection populaire. C’en était déjà l'aspect, c’en étaient lescris : il n’y manquait plus que les actes et la violence.]

Le lendemain matin 1 6, jour de mercredi, les auteurs duprojet de voyage, voyant que le départ allait devenir impos-sible si on ne ramenait un moment de calme dans celte popu-lation agitée, imaginèrent de publier une proclamation, parlaquelle Charles IV promettrait de ne pas quitter Aranjuez.Celte proclamation fut en effet immédiatement rédigée, lue etplacardée dans les principales rues d’Aranjuez, et envoyée entoute hâte à Madrid. — Mes chers sujets, disait-elle en sub-stance , ne vous alarmez ni sur l’arrivée des troupes de monmagnanime allié l’empereur des Français, entrées en Espagnepour repousser un débarquement de l’ennemi sur nos côtes,ni sur mes prétendus projets de départ. Non, il n’est pas vraique je veuille m’éloigner de mon bien-aimé peuple. Je veuxrester, vivre parmi vous, comptant sur votre dévouement, sij’en avais besoin contre un ennemi, quel qu’il fût. Espagnols,calmez-vous donc, votre roi ne vous quittera pas. —

Cette proclamation, inspirant aux esprits un peu de sécu-caime rité, les calma pour un instant. La multitude se porta devant

momentané 1 1 1

u proc'iàmation résidence royale, demanda ses souverains, qui parurentrojaic. aux f en £ tres du p a ] a i s j et les applaudit de toutes ses forces,en criant: Vive le roi! Meure le prince de la Paixl meure lefavori qui déshonore et trahit son maître 1— La journée du16 s’acheva ainsi au milieu d’une sorte de satisfaction, quimalheureusement devait être passagère.

Le jour suivant, 17 mars, malgré les promesses royales, levoyage semblait toujours résolu. Les voitures restaient char-pour D A P r*njnci gées dans les cours du palais. Les chevaux attendaient auxde Madrid] relais. Les troupes formant la garnison de Madrid, et compo-de peuple, sées des gardes wallonnes et espagnoles, de la compagnie des