ARANJUEZ.
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que depuis si long-temps appelaient tous ses vœux, et le Mars îsos.combla de mille bénédictions. La cour, devançant le peuple,avait abandonné les vieux souverains, comme on abandonneleurs cadavres quand ils sont morts. Ils furent laissés seuls,un peu rassurés, mais tout abattus de leur chute, et on cou-rut autour de Ferdinand pour bien exprimer à ce nouveaumaître que c’était lui, lui seul, qu’on avait dans le cœur de-puis des années en baissant la tête devant sa mère et le favori.Ferdinand, que la nature avait fait pour la dissimulation, etque les malheurs de sa jeunesse avaient encore perfectionnédans cet art odieux, parut content de tout le monde, et l’étaitassez de la fortune pour le paraître des hommes. Il conservaprovisoirement les ministres de son père, ne pouvant en chan-ger à l’instant même, et, pour première commission, leur donnal’ordre de faire venir le duc de l’Infantado, exilé à soixantelieues de Madrid, et le chanoine Escoïquiz, enfermé au cou-vent du lardon. 11 nomma tout de suite le duc de l’Infantadocapitaine de ses gardes et président du conseil de Castille.
Ainsi une faveur expulsée, une autre faveur naissait, maiscelle-ci devant durer quelques jours à peine, car le redoutableNapoléon approchait. Ses troupes descendaient en ce momentdes hauteurs de Somosierra sur Buitrago, et n’étaient plusqu’à une forte marche de Madrid. Les ministres temporairesde Ferdinand lui conseillèrent de commencer son règne parune démarche auprès de l’empereur des Français. Le duc delParque fut envoyé à Murat, pour s’entendre avec ce princesur l’entrée des Français à Madrid. Les ducs de Medina-Celiet de Frias, le comte de Fernand-Munez furent envoyés àNapoléon, qu’on supposait sur la route d’Espagne, pour luijurer amitié, et lui renouveler la demande d’une princessefrançaise. Cela fait à la fin même de cette première journée,Ferdinand s’endormit en se croyant roi. Il devait l’être, maisaprès une longue captivité et une guerre effroyable.
Ainsi tombèrent les derniers Bourbons, pour reparaître bien