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LIVRE XXX.
Mars 1808-
pour l’ameneraux vuesde Murat.
M. deBcauharnaisobtientle renvoides troupesespagnoles,et encourageFerdinand VIIà se porter àla rencontrede Napoléon.
droit ambassadeur n’était capable d’en mettre dans une tramepolitique. 11 lui persuada de se rendre sur-le-champ b Aran-juez, et d’user de son ascendant sur Ferdinand VII pour luiarracher les résolutions que réclamait la circonstance. Afin dedécider M. de Beauharnais, Murat commença par l’effrayer surla fausse manière dont il avait entendu les intentious de Na-poléon, en contribuant à empêcher le voyage d’Andalousie(ce qu’à tort ou à raison l’on imputait en effet à M. de Beau-harnais). Murat, pour l’inquiéter davantage, lui affirma, cequ’il ne savait pas, que Napoléon aurait voulu le renouvelle-ment de la scène de Lisbonne; puis il lui suggéra, comme unmoyen certain de réparer sa faute, l’idée de se transporterimmédiatement à Aranjuez pour obtenir de Ferdinand VU qu’ilfit rétrogarder les troupes espagnoles, qu’il ne vint pas à Ma-drid, et qu’il laissât sa nouvelle royauté en suspens, jusqu’àla décision de Napoléon. M. de Beauharnais, cédant à ces con-seils, partit à l’instant même pour Aranjuez, afin de faire,sinon tout, au moins une partie de ce que désirait Murat.
Arrivé auprès de Ferdinand, il lui demanda d’abord avecson opiniâtreté ordinaire le renvoi des troupes espagnolesdans leurs premières positions. Ferdinand n’avait pas encoreà côté de lui ses deux confidents principaux, le chanoine Es-coïquiz et le duc de l’Infantado, exilés trop loin de Madridpour avoir eu le temps de revenir. Il avait gardé quelques-uns des ministres de son père, notamment MM. de Cevallos etde Caballero, et, après les avoir consultés, il fit envoyer augénéral Taranco et au marquis de Solano l’ordre de rentreren Portugal ou du moins de s’arrêter sur la frontière de ceroyaume, pour y attendre de nouvelles instructions. Les trou-pes du marquis de Solano en particulier durent retourner,par Tolède etTalavera, à Badajoz. Cette première partie desa commission remplie, M. de Beauharnais, soit qu’il n’eût pascompris l’intention de Murat quant à la seconde, soit quel’ayant comprise il ne voulût pas s’y conformer, s’attacha à