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[Vol. 4.]
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persuader à Ferdinand qu’il fallait acquérir à tout prix la bien-veillance de Napoléon, et pour cela courir à sa rencontre, sejeter dans ses bras, en lui demandant son amitié, sa protec-tion, et une épouse; que plus tôt il ferait une pareille dé-marche, plus tôt il serait assuré de régner; que le mieux se-rait de partir à l’instant même d’Aranjuez pour un tel voyage;qu’il n’aurait pas à faire beaucoup de chemin, car il trouve-rait Napoléon en route; qu’enfin il ne fallait venir à Madridque pour le traverser, et se transporter le plus promptementpossible à Burgos ou à Vittoria.

C’était de très-bonne foi, et sans se douter qu’il contribuaitde son côté, comme Murat du sien, à l’invention de l’intrigueà laquelle Ferdinand succomberait bientôt, que M. de Beau-harnais donnait un semblable conseil. Ferdinand VII ne le re-poussa point, mais il remit sa décision à l’arrivée des deuxconfidents, sans lesquels il ne voulait rien entreprendre degrave. II adopta du conseil de M. de Beauharnais ce qui luiconvenait actuellement, c’était de quitter Aranjuez pour serendre tout de suite à Madrid, et il annonça son entrée solen-nelle dans la capitale pour le lendemain 24.

M. de Beauharnais, revenu à Madrid, raconta naïvement àMurat tout ce qu’il avait dit et fait. Murat crut y voir un calculperfide pour amener Ferdinand à entrer immédiatement à Ma-drid, et à prendre un peu plus tôt possession de la couronne.Il le dénonça sans perdre de temps à l’Empereur, comme unsecret complice de Ferdinand VII, comme un agent actif de larévolution qui avait précipité le vieux roi du trône, commeun ambassadeur dangereux, qui favorisait la nouvelle royauté,la seule qui fût à craindre. Ces reproches, dictés par l’ombra-geuse ambition de Murat, étaient cependant injustes, ou dumoins fort exagérés. M. de Beauharnais s’était dès l’origine sin-cèrement attaché à Ferdinand VII, parce qu’il lui semblait leseul personnage de la cour qui méritât quelque intérêt; peut-être cet attachement était-il devenu plus vif depuis qu’il s’a-