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LIVRE XXX.
Mars 1808.
Enfréede
Ferdinand Vildans .Madrid/ le 24 mars.
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gissait de lui faire épouser une demoiselle de Beauharnais;mais il croyait en conscience que s’unir fortement à Ferdi-nand VII était pour la France la meilleure des solutions; et,en poussant ce prince sur la route de France, il voulait l’ame-ner, non pas à Madrid, mais aux pieds de Napoléon, afind’assurer le résultat qu’il estimait le meilleur. Du reste il n’é-tait ni assez actif ni assez habile pour avoir pris une part quel-conque à la dernière révolution, où il n’avait figuré qu’en ap-portant au vieux roi, à l’instant du danger, le secours de samaladresse et de son courage.
Ceux qui dirigeaient les affaires de la nouvelle royautéavaient tout disposé pour l’entrée de Ferdinand VII dans Ma-drid. Bien qu’ils ignorassent les desseins de Napoléon, ils sedisaient que la royauté de Ferdinand, étant la plus jeune, laplus vigoureuse, devait être la moins agréable aux Français,s’ils avaient quelque mauvaise intention relativement à la cou-ronne d’Espagne. Aussi regardaient-ils comme urgent d’entrerdans Madrid, et de recevoir du peuple de cette capitale desacclamations qui seraient une espèce de consécration natio-nale. Murat étant entré le 23, c’était trop, à leur avis, qued’ôtre sur lui en retard d’un jour. En conséquence on fit an-noncer la translation de la jeune cour d’Aranjuez à Madridpour le lendemain 24, sans autre appareil que quelques gar-des et l’enthousiasme populaire.
Le lendemain 24, en effet, parti d’Aranjuez de bonne heure,Ferdinand descendit de voiture à l’une des portes de la ville,celle d’Atocha, monta à cheval, entouré des officiers de sacour, traversa la belle promenade du Prado, et pénétra parla large rue d’Alcala dans l’intérieur de Madrid, au milieud’une foule immense, qui, après avoir long-temps désiré lafin du dernier règue et le commencement du nouveau, voyaitenfin ses espérances réalisées, et cherchait en quelque sorteà s’étourdir à force de cris sur les dangers qui menaçaientl'Espagne. Toute la population, ivre de joie, était aux fenêtres