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[Vol. 4.]
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BAYONNE.

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étaient désarmés; qu’indépendamment de leurférocité naturelle Mars isoe.ils auraient toute l’énergie d’un peuple neuf, que les passions po-litiques n’avaient point usé; que l’armée, quoiqu’elle fût à peinede cent mille hommes et dans l’impuissance de résister à laplus faible troupe française, se dissoudrait pour aller danschaque province servir de noyau à une insurrection éternelle ;que les prêtres, les moines, les nobles, comprenant bien que 1les Français ne pouvaient venir que pour réformer le vieil étatsocial de l’Espagne, useraient de toute leur influence pourexciter contre eux un peuple fanatique; que l’Angleterre nemanquerait pas de saisir cette occasion pour nous susciter denouveaux embarras et nous créer d’immenses difficultés ; qu’ilfallait donc ne rien hâter, et garder entre le père et le fils uneextrême réserve; que, relativement au père, il était impos-sible de le faire réguer plus long-temps, car le gouvernementde la reine et du favori était devenu insupportable aux Es-pagnols; que, relativement au fils, c’était au fond un ennemide la France, car il partageait au plus haut point tous lespréjugés espagnols, et que l’aversion qu’on lui supposait pourla politique de son père (politique de concessions envers laFrance) était pour quelque chose dans la popularité dont iljouissait; que l’expérience avait prouvé combien il fallait peucompter sur les mariages pour changer la politique des prin-ces; que Ferdinand serait donc avant peu l’ennemi déclarédes Français; que cependant il ne fallait pas rompre avec lui,car, tout médiocre qu’il était, pour nous l’opposer on en feraitun héros; qu’entre l’impossibilité de faire régner le père et ledanger de se confier au fils, il ne fallait pas se hâter de choi-sir, ne pas surtout laisser deviner le parti qu’on prendrait,ce qui était d’autant plus facile que lui, Napoléon, ne le savaitpas encore; qu’il fallait donner à espérer la possibilité d’unarbitrage bienveillant et désintéressé, et, quant à une entre-vue avec Ferdinand VII, ne s’y engager que dans le cas où laFrance serait décidément obligée à le reconnaître ; qu’en un

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