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LIVRE XXX.
Mars 1808. mot la prudence conseillait de ne rien brusquer, de ne rienprécipiter; que le prince Murat devait en particulier se garderdes suggestions de son intérêt personnel ; que Napoléon son-gerait à lui, pourvu qu’il n’y songeât pas lui-même; que lacouronne de Portugal serait toujours à sa disposition pour ré-compenser les services du plus fidèle de ses lieutenants, decelui qui à tous ses mérites joignait l’avantage d’être l’épouxde sa sœur.
Tels étaient les sages conseils que Napoléon, sous l’influenceet par l’intermédiaire de M. de Tournon, allait adresser à sonlieutenant, lorsque, après avoir passé deux jours sans nou-velles, il reçut les lettres de Murat datées du 24, dans les-quelles celui-ci racontait son entrée paisible à Madrid, l’ac-Napoieon, cueil excellent qu’on lui avait fait, le penchant des vieux sou-
en apprenant
ia facile entre'e verains à se jeter dans ses bras, leur empressement à pro-
des Français ' 1 r
à Madrid, tester contre l’abdication du -19, la facilité enfin de rendre lesurTEspagnc, trône vacant en refusant de reconnaître Ferdinand VII, et enles premiers plaçant ainsi l’Espagne entre un roi qui avait abdiqué et unà Murat. roi qui n était pas reconnu. Napoléon, retrouvant sous sa maintous les moyens auxquels il avait cessé de croire un moment,revint au plan que la révolution d’Àranjuez avait suggéré àMurat et à lui-même, et confirma les ordres dont le généralSavary venait d’être, un peu avant l’arrivée de M. de Tour-non, constitué le dépositaire et l’exécuteur. En conséquence,dans une nouvelle lettre datée du 30, Napoléon écrivit à Mu-rat qu’il approuvait toute sa conduite, qu'il avait bien faitd’entrer dans Madrid; qu’il fallait cependant continuer d’évitertoute collision, empêcher surtout qu’on ne fit aucun mal auprince de la Paix, l’envoyer même à Bayonne, s’il se pouvait,protéger avec soin les vieux souverains, les faire venir d’Aran-juez à l’Escurial, où ils seraient au milieu de l’armée française,se garder de reconnaître Ferdinand VII, et attendre enfin l’ar-rivée de la cour de France à Bayonne, où elle allait se trans-porter immédiatement. Napoléon fit partir sur-le-champ M. de
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