BAYONNE.
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quelconque. Une heure après, des chambellans vinrent en-gager le prince et sa suite à dîner au château de Maroc. Fer-dinand s’y rendit en effet à la fin du jour, suivi de sa petitecour, et fut reçu de la même façon, c’est-à-dire avec une po-litesse recherchée, mais avec une extrême réserve quant à cequi touchait à la politique. Après le dîner, l’Empereur s’entre-tint d’une manière générale avec Ferdinand et ses conseillers,et eut bientôt démêlé sous l'immobilité de visage habituelleau jeune roi, sous le silence qu’il gardait ordinairement, unemédiocrité qui n’était pas exempte de fourberie; à travers lesdiscours plus abondants du précepteur Escoïquiz, un espritcultivé, mais étranger à la politique; enfin, sous la graviléduduc de l’Infanlado, un honnête homme, se respectant beaucoupplus qu’il ne fallait, car une grande ambition sans talent for-mait tout son mérite. Napoléon, après avoir aperçu d’un coupd’œil à quelles gens il avait affaire, les congédia tous, sous leprétexte des fatigues de leur voyage, mais retint le chanoineEscoïquiz, en exprimant le désir, qui était un ordre, d’avoirun entretien avec lui. 11 laissa au général Savary le soin d’allerdire au prince- des Asturies tout ce qu’il allait dire lui-mêmeau précepteur, avec lequel il préférait s’aboucher, parce qu’illui supposait plus d’esprit.
Son secret lui pesait doublement, car il y avait long-tempsqu’il le gardait, et ce secret était une perfidie, genre de for-fait étranger à son cœur. 11 avait besoin de s’ouvrir avec lemoins ignare des conseillers de Ferdinand, de s’excuser enquelque sorte par la franchise qu'il apporterait dans l’exposéde ses desseins, et par l’aveu pur et simple des motifs dehaute politique qui le faisaient agir. Il commença d’abord parflatter le chanoine, et par lui dire qu’il le savait homme d’esprit,et qu’avec lui il pouvait parler franchement. Puis, sans autrepréambule, et comme pressé de se décharger 1 q cœur, il luidéclara qu’il avait fait venir les princes d’Espagne pour leurôter à tous, père et fils, la couronne de leurs aïeux; que de-
Avril 18C8.
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le rliiinnineEscoïquiz,dans lequelil lui dévoilétoute
sa politique.