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[Vol. 4.]
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BAYONNE.

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l’Espagne fera tout ce que vous voudrez ; elle remettra la cou-ronne à celui des princes français que vous aurez désigné. —Napoléon ne répondait à ces folles assurances qu’en réitérantl’ordre de fortifier les principaux palais de Madrid, et de tenirles officiers logés avec leurs troupes, mesures que Murat exé-cutait plutôt par obéissance que par conviction de leur utilité.

Le prince de la Paix, acheminé en toute hâte vers Bayonnepour ne pas donner le temps à la populace de s’ameuter surson passage, y arriva bien avant ses vieux souverains. Napo-léon était fort impatient de voir cet ancien dominateur de lamonarchie espagnole, et surtout de s’en servir. Après un ins-tant d’entretien ce favori lui parut aussi médiocre qu’on lelui avait dit, remarquable seulement par quelques avantagesphysiques qui l’avaient rendu cher à la reine des Espagnes,par une certaine finesse d’esprit, et une assez grande habi-tude des affaires d’État, mais calomnié quand on voulait fairede lui un monstre. Napoléon s’abstint toutefois, par égard pourle malheur, de témoigner le mépris que lui inspirait un telchef d’empire, et il se hâta de le rassurer complètement surson avenir et celui de ses vieux maîtres, avenir qu’il promitde rendre sûr, paisible, opulent, digne des anciens posses-seurs de l’Espagne et des Indes. A cette promesse Napoléonen ajouta une non moins douce, celle de les venger prompte-ment et cruellement de Ferdinand VII, en le faisant descendredu trône, et il demanda à être secondé dans ses projets au-près de la reine et de Charles IV ; ce qui lui fut promis, et cequi devait être facile à tenir, car le père et la mère étaientirrités contre leur fils au point de lui préférer sur le trône deleurs ancêtres un étranger, même un ennemi.

On annonçait l’arrivée de Charles IV et de la reine pour le30 avril. La politique de Napoléon voulait que les vieux sou-verains fussent seuls accueillis avec les honneurs royaux. IIdisposa tout pour les recevoir comme s’ils jouissaient encorede leur pouvoir, et comme si la révolution d’Aranjuez ne

Avril 1808.

Accueilme Napoléonfait a» princede la Paix.

Arrivée«le Charles IVà Bayonne,et accueilque lui fait.Napoléon,