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pays livré par sa faute aux agitations révolutionnaires, et luidemander de résigner la couronne. Celte sommation révélaitclairement aux conseillers détrompés de Ferdinand commentallait être conduite la négociation depuis l’arrivée de l’an-cienne cour. Il était évident qu’on allait redemander la cou-ronne au fils, pour la laisser un certain nombre de jours oud’heures sur la tête du père, et la faire passer ensuite de cettetête vieillie sur celle d’un prince de la famille Bonaparte. Lesmeneurs de la jeune cour opposèrent à cette sommation unelettre assez adroite, dans laquelle FerdinandVII, parlant à sonpère en. fil s soumis et respectueux, se déclarait prêt à resti-tuer la couronne, bien qu’il l’eût reçue par suite d’une abdi-cation volontaire, prêt toutefois à deux conditions : la pre-mière, que Charles IV voudrait régner lui-même; la seconde,que la restitution se ferait librement, à Madrid, en présencede la nation espagnole. Sans ces deux conditions Ferdinandrefusait formellement de restituer la couronne à son père; carsi celui-ci ne voulait pas régner, Ferdinand se considéraitcomme seul roi légitime, d’après les lois de la monarchie es-pagnole ; et si la rétrocession se faisait ailleurs qu’à Madrid,au sein même de la nation assemblée, elle ne serait ni libre,ni digne, ni sûre.
La réponse était habile et convenable. On fit répliquer parCharles IV, en s’appuyant toujours sur l’irrégularité de l’ab-dication , sur les violences qui l’avaient amenée,. sur l’impos-sibilité où se trouvait Ferdinand de gouverner l’Espagnesortie d’un long sommeil et prête à entrer dans la carrièredes révolutions, sur la nécessité de remettre à Napoléon lesoin d’assurer le bonheur des peuples de la Péninsule. On finis-sait en laissant voir des intentions menaçantes si cette obsti-nation ne cessait pas. A cette réplique la jeune cour opposaune contre-réplique semblable au premier dire de Ferdi-nand VIL
La négociation n’avançait pas, car on avait employé du 1 er
Mai 1808.
Correspondanceentre Charles IVet Ferdinand Vil,dictée parNapoléon.
^Re'ponseassez adroitede FerdinandVIIà Charles IV,dictée parles meneursde la jeunecour.
Ilrfnliquede Charles IV,égalementdictée parNapotéon.