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LIVRE XXX.
Mai 1808.
Ourles IVsc ileViare seulroi d'Espagne,et nommeMurat soitlieutenant.
Evénementsh IMitilri.l,et tentativessecrètes deFerdinand VIIpour souleverles Espagnoleu sa faveur.
au 4 mai à échanger cette vaine correspondance. Napoléoncommençait à éprouver l’impatience la plus vive, et il étaitrésolu à faire déclarer Ferdinand VII rebelle, à rendre la cou-ronne à Charles IV, qui la lui transmettrait ensuite, après undélai plus ou moins long. 11 fit d’abord, par l’intermédiaire duprince de la Paix, rédiger un acte en vertu duquel CharlesIVse déclarait seul légitime roi des Espagnes, et, dans l’impuis-sance où il était d’exercer lui-môme son autorité, nommait legrand-duc de Berg son lieutenant, lui confiait tous scs pou-voirs royaux, et en particulier le commandement des troupes.Napoléon regardait cette transition comme nécessaire pourpasser de la royauté des Bourbons à celle des Bonaparte. Ils’empressa d’expédier ce décret, avec l’ordre, déjà donné de-puis plusieurs jours et réitéré en ce moment, de faire partirde Madrid tous les princes espagnols qui s’y trouvaient en-core : le plus jeune des infants, don Francisco de Paula; l’onclede Ferdinand, don Antonio, président de la junte, et la reined’Étrurio, qu’une indisposition avait empêchée de suivre sesparents. Après avoir pris ces mesures, il se disposait à mettreun terme aux scènes de Bayonne par une solution qu’il im-poserait lui-même, lorsque les événements de Madrid vinrentrendre facile le dénoûmeut qu’il désirait, en le dispensant d’yemployer la force.
Tandis que Napoléon correspondait avec Madrid, Ferdi-nand Vil, de son côté, ne négligeait rien pour y faire parve-nir des nouvelles qui excitassent l’intérêt de la nation en safaveur, qui pussent surtout corriger le mauvais effet qu’avaitproduit son inepte conduite. Il n’ignorait pas que les Espagnolsavaient pris autant de pitié, presque de dégoût pour sa per-sonne que pour celle de son vieux père, en le voyant donnerdans le piège tendu par Napoléon. 11 avait donc, par des cour-riers qui partaient déguisés de Bayonue, et traversaient lesmontagnes de l’Àragon pour gagner Madrid, fait répandre lesnouvelles qu’il croyait les plus propres à lui ramener l’opinion