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LIVRE XXX.

Mai 1808 . pouvaient rien faire de noble ou d’élevé. Les vieux parentspar inertie, le fils par trahison, ont ruiné ce dessein, et lesvoilà se dénonçant les uns les autres à la puissance de la-quelle ils dépendentl — Puis Napoléon parla long-temps,grandement, avec une rare éloquence, sur ce vaste sujet del’Amérique, de l’Espagne, de la translation des Bourbonsdans l’empire des Indes. Après avoir jugé les autres il se jugealui-même, car il ajouta ces paroles : Ce que je fais ici, d'uncertain point de vue, n’est pas bien, je le sais. Mais la poli-tique veut que je ne laisse pas sur mes derrières, si près deParis, une dynastie ennemie de la mienne. —

Le soir le prince de la Paix vint à Marac, et les résultatsArr S™f n ‘ f I ue Napoléon poursuivait par des moyens si regrettables fu-l’intêrmeXire rent consignés dans le traité suivant, signé du prince de la/eTCl. Paix lui-même et du grand-maréchal Duroc.

Charles IV, reconnaissant l’impossibilité où il était, lui etsa famille, d’assurer le repos de l’Espagne, cédait la couronne,dont il se déclarait seul possesseur légitime, à Napoléon, pouren disposer comme il conviendrait à celui-ci. Il la cédait auxconditions suivantes :

\ 0 Intégrité du sol de l’Espagne et de ses colonies, dont ilne serait distrait aucune partie ;

2° Conservation de la religion catholique comme culte do-minant, à l’exclusion de tout autre;

3° Abandon à Charles IV du château et de la forêt de Gom-piègne pour sa vie, et du château de Chambord à perpétuité,plus une liste civile de 30 millions de réaux (7,500,000 francs)payés par le Trésor de France ;

4° Traitement proportionné à tous les princes de la familleroyale.

Ferdinand VII était rentré chez lui, éclairé enfin sur sa si-tuation et sur la ferme volonté de Napoléon, non pas de l'in-timider seulement, mais de le détrôner. Ses conseillers étaientdétrompés aussi. Parmi eux, le chanoine Escoïquiz, quoiqu’il