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[Vol. 4.]
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BAYONNE.

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ne fût pas le moins honnête, donna pourtant à son jeune maî-tre un conseil peu digne : c’était d’accepter la couronne d’E-trurie, pour que Ferdinand restât roi quelque part, et lui,Escoïquiz, directeur de quelque roi que ce fût. Les autres,avec plus de raison, pensèrent que ce serait déclarer à l’Es-pagne qu’il n’y avait plus à s’occuper de Ferdinand, puisqu’ilacceptait une couronne étrangère en dédommagement de cellequi lui était arrachée. Ne rien accepter qu’une pension ali-mentaire leur semblait indiquer à l’Espagne qu’il avait étéviolenté, qu’il protestait contre la violence, qu’enfin il pensaittoujours à l’Espagne, que par conséquent elle devait toujourspenser à lui.

Ferdinand VII signa donc à son tour un traité par lequelNapoléon lui assurait le château de Navarre en toute pro-priété, un million de revenu, plus quatre cent mille francspour chacun des infants, moyennant leur renonciation com-mune à la couronne d’Espagne.

Deux châteaux, et dix millions par an, étaient le prix au-quel devait être payée, tant au père qu’aux enfants, la magni-fique couronne d’Espagne ; prix bien modique, bien vulgaire,mais auquel il fallait ajouter un terrible complément, alors in-aperçu : six ans d’une guerre abominable, la mort de plu-sieurs centaines de mille soldats, la division funeste des forcesde l’Empire, et une tache à la gloire du conquérant! Napoléon,à qui l’aveuglement de la puissance dérobait les conséquencesde ce funeste marché, se hâta d’en exécuter les conditions.Le succès lui rendant sa générosité naturelle, il donna desordres pour traiter avec tous les égards possibles la famille quivenait de tomber sous les coups de sa politique, comme tantd’autres tombaient sous les coups de son épée. Il chargea leprince Cambacérès du soin de recevoir les vieux souverains,et, en attendant qu’on eût achevé à Compiègne les disposi-tions nécessaires, il voulut qu’ils allassent faire à Fontaine-bleau un premier essai de l’hospitalité française, dans un lieu

Mai 1808.

Traite *=par lequelFerdinand VIIcède ses droitsà la familleBonaparte.