Band 
[Vol. 4.]
Seite
493
JPEG-Download
 

BAYONNE.

493

» à quelque jolie femme, cela u’aurait aucun inconvénient, Mai ibob.

» surtout si on en était sûr. J’ai le plus grand intérêt à ce que» le prince des Asturies ne commette aucune fausse démarche.

» Je désire donc qu’il soit amusé et occupé. La farouche poli*

» tique voudrait qu’on le mît à Bitche ou dans quelque chà-«teau-fort; mais comme il s’est jeté dans mes bras, qu’il m’a» promis de ne rien faire sans mon ordre, et que tout va en«Espagne comme je le désire, j’ai pris le parti de l’envoyer» dans une campagne, en l’environnant de plaisirs et de sur-» veillance. Que ceci dure le mois de mai et une partie de«juin, les affaires d’Espagne auront pris une tournure, et je«verrai alors le parti que je prendrai.

» Quant à vous, votre mission est assez honorable : recevoir«chez vous trois illustres personnages pour les amuser est«tout à fait dans le caractère de la nation et dans celui de«votre rang.»

Charles IV quitta la frontière d’Espagne avec un profond nispositionaserrement de cœur, car il disait adieu à sa terre natale, au Ies q“p estrône et à des habitudes qui avaient toujours fait son bonheur, Ferf'nandvncelui du moins qu’il était capable de goûter. Toutefois les agi- iTs'pa'gne.tâtions populaires dont il avait entendu le premier retentisse-ment l’avaient tellement troublé, les divisions intestines de safamille l’avaient abreuvé de tant d’amertume, qu’il se conso-lait de sa chute à l’idée de trouver en France la sécurité, lerepos, une opulente retraite, des exercices religieux, et lesbelles chasses de Compiègne. Sa vieille épouse, désespérée deperdre le trône, avait aussi plus d’un dédommagement : lavengeance, la présence assurée du prince de la Paix, et deriches revenus. Ferdinand VII, qui avait passé d’un stupideaveuglement à une véritable terreur, était plein de regrets, eton n’imaginerait pas quel en était l’objet I il regrettait d’avoirenvoyé à la junte de gouvernement, en réponse aux questionsde celle-ci, l’ordre secret de convoquer les cortès, de soule-ver la nation, et de faire aux Français une guerre acharnée.