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LIVRE XXV.
Mai 1808. que de haute considération pour l’un des princes les plus esti-més de la famille Bonaparte.
Murat manda ce résultat à Napoléon, sans lui dissimulerles peines qu’il avait eues à l’obtenir, et les difficultés parti-culières que rencontrait un candidat absent. 11 était faciled’apercevoir qu’il éprouvait une sorte de satisfaction en voyants’élever contre la candidature du prince Joseph des objectionsqui pouvaient faire renaître la sienne. Napoléon, qui n’avaitpas coutume de le ménager, ne voulut pas toutefois l’irriterdans un moment où il avait tant besoin de son zèle, et secontenta d’adresser à M. de Laforét la plus violente et la moinsjuste des réprimandes, lui disant qu’on l’avait placé auprèsdu prince Murat pour lui donner de bons et sages avis, nonpour flatter ses penchants; que les hésitations qu’on rencon-trait à Madrid ne provenaient que de la faiblesse avec laquelleon avait agi auprès des autorités espagnoles ; que le grand-duc de Berg se berçait de l’espoir de régner sur l’Espagne, etque sa conduite s’en ressentait; que c’était là une illusion qu’ilfallait détruire chez lui, car personne en Espagne ne songeaità le prendre pour roi; qu’on n’oublierait jamais qu’il avait étél’auteur de toute la trame qui venait d’aboutir à la déposses-sion de la famille déchue, et le général qui avait commandé lamitraillade du 2 mai; qu’un prince étranger à tous ces actes,sur lequel ne pèserait aucun souvenir d’intrigue ou de rigueur,serait bien mieux reçu, et que la récompense des servicesrendus par le prince Murat serait dans le royaume de Naples,destiné à devenir vacant par le succès même de ce qu’on fai-sait à Madrid. Cette réprimande, adressée à M. de Laforét afinqu’il en arrivât quelque chose à Murat, était pour ce dernierun triste prix de la complaisance qu’il avait mise à seconderune odieuse machination : triste prix, disons-nous, maistrès-mérité, car c’est ainsi que doivent être traités tous ceux quiprêtent leur concours à de coupables desseins.
Après avoir fait parvenir son mécontentement à Murat par