BAYONNE.
501
cette voie indirecte, Napoléon pensa qu’en attendant la pro- Mai isos.clamation définitive de la dynastie nouvelle, il fallait employerles quelques semaines qui allaient s'écouler à préparer laréorganisation administrative de l’Espagne. 11 voulut s’excuseraux yeux des hommes politiques de tous les pays de l’acte “„s“pa«ouqu’il venait de commettre, par un emploi merveilleux des res- ''^Espagne 10sources de l’Espagne, et aucun homme, il faut le reconnaître, réorganisation
i i . i i . v de ce rovaume.
n’était plus capable que lui de racheter, par la maniéré derégner, un forfait commis pour régner. Les projets qu’il forma,et que l’Espagne déjoua par une résistance fanatique et géné-reuse, furent des plus vastes, des mieux combinés qu’il eûtjamais conçus de sa vie.
11 commença d’abord par se faire envoyer à Bayonne tousles documents dont disposait l’administration espagnole rela-tivement aux finances, à l’armée, à la marine. On en trouvaitbien peu; car, ainsi que nous l’avons dit ailleurs, les financesétaient un secret du ministre des finances, créature du princede la Paix. La distribution de l’armée et de la marine, leursituation, leurs ressources, leurs besoins, restaient des faitslocaux, que l’on connaissait à peine dans l’administration cen-trale à Madrid. Quand Murat demanda pour l’Empereur unétat de la marine, on lui présenta un annuaire imprimé. MaisNapoléon n’était pas homme à se contenter de pareils docu-ments. 11 fit adresser à MM. O’Farrill, ministre de la guerre,etd’Azanza, ministre des finances, principaux personnagesde la junte, des marques d’estime, et môme des prévenancesflatteuses qui pouvaient leur faire espérer une grande faveursous le nouveau règne, et leur demanda immédiatement untravail approfondi sur toutes les parties du service. Il ordonnad’envoyer sur-le-champ des ingénieurs dans tous les ports,des officiers auprès des principaux rassemblements de trou-pes, pour avoir des documents positifs et récents sur chaqueobjet. Les Espagnols n’étaient pas habitués aune telle activité,à une précision si rigoureuse; mais iis s’émurent enfin sous