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[Vol. 4.]
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LIVRE XXX.

Mai 1808

Importantesmesuresrelativesà la marineespagnole.

Expéditionde petitsbâtimentsaux coloniesespagnoleset françaises,pour

leur porterles

publicationsréclaméespar les circon-stances.

bientôt à l’élan unanime d’un grand peuple de déjouer les plusprofondes combinaisons du génie.

Vinrent ensuite les dispositions relatives à ia marine. Lepremier soin de Napoléon, dans ce premier moment, fut degarantir les colonies espagnoles des dangers d’un soulève-ment , de se rattacher ainsi le cœur des Espagnols en sauve-gardant l’intérêt qui les touchait le plus, et d’exalter leur ima-gination en réalisant enfin les vastes projets maritimes qu’ilméditait depuis Tilsit, mais auxquels avait manqué jusqu’icile temps d’abord, et en second lieu la franche coopération del’Espagne.

Napoléon commença par ordonner des communicationsmultipliées tant avec les colonies françaises qu’avec les colo-nies espagnoles. Pour cela il fit partir de France, de Portugal,d’Espagne, de petits bâtiments portant des proclamationsremplies des plus séduisantes promesses, des écrits émanésde toutes les compagnies de commerce confirmant ces pro-clamations, des commissaires chargés de les répandre, enfindes secours en armes et munitions de guerre, dont les der-niers événements de Buenos-Ayres avaient révélé l’urgentbesoin. Tous les colons en effet avaient manifesté le plus grandzèle à défendre la domination espagnole, et il ne leur avaitmanqué que des armes pour rendre ce zèle efficace. Napoléon,qui non-seulement ordonnait tout, mais se faisait lui-mêmel’exécuteur de ses ordres dans les lieux où il se trouvait, avaitdéjà recherché à Bayonne, port d’où l’on commerçait alorsbeaucoup avec les colonies espagnoles, les moyens de com-muniquer avec l’Amérique. Il avait découvert une espèce debâtiment, très-petit, très-fin voilier, coûtant très-peu à cons-truire , presque imperceptible en mer, à cause de sa faiblevoilure, et pouvant échapper à toutes les croisières ennemies.11 eu fit expédier un qui existait déjà, et en fit mettre six surchantier, sous le nom de mouches, pour les envoyer dansl’Amérique espagnole, chargés d’armes et de communications