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[Vol. 4.]
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LIVRE XXX.

Mai 1808..Vf*

Coursesde Napoléonautourde Baronnepour

s’enquérirde beaucoupde détailsrelatifs àla marine.

Effortspour rendreau portde Bayonnescs anciennesconditions,et en faireun port

de construction.

pour le commerce des Indes. L’expédition de Brest devaitpartir la seconde. Si elle arrivait aussi à l’ile de France, le gé-néral Decaen, avec une force de 16 à 17 mille hommes, etune escadre puissante, était en mesure de renverser ou d’é-branler au moins l’empire britannique dans les Indes. Un peuaprès l’amiral Ganteaume enfin devait porter 20 mille hommesou en Sicile, ou en Egypte, tandis que la flotte de Cadis seraiten mesure do le suivre dans l’une de ces directions. Le moinsqu’il pût résulter de ces tentatives combinées, ce serait dansl’Océan le ravitaillement de nos colonies, dans la Méditerra-née la conquête d’un point important, et dans l'une et l’autremer, un tel trouble pour l’amirauté anglaise qu’elle ne pour-rait rien tenter contre les colonies espagnoles.

Tandis qu’il discutait avec opiniâtreté ces divers plans, soitavec le ministre Decrès, soit avec les amiraux chargés ducommandement, et qu’il en ordonnait l’ensemble ou en recti-fiait les détails d’après l’avis des hommes pratiques, Napoléondans ses moments de loisir montait lui-même à cheval, pourcourir le long de la mer, visiter l’embouchure de l’Adour, etrecueillir de ses propres yeux beaucoup d’informations rela-tives à la marine. Depuis qu’il était dans les Landes, et qu’ilavait vu gisant sur le sol de magnifiques bois de pins et dechênes, qui pourrissaient faute de moyens de transport, ils’était promis de vaincre la nature à force d’art. Le cœur mesaignej écrivait-il à M. Decrès, en voyant périr inutilementdes bois si précieux et si rares. Il ordonna l’abord de trans-porter une partie de ces bois à Mont-de-Marsan, par les eauxde l’Adour, puis de préparer des attelages de bœufs pour lestraîner jusqu’à Langon, et les faire descendre ensuite par laGaronne jusqu’à Bordeaux et La Rochelle. Ce mode de trans-port étant fort coûteux, il s’obstina à faire construire à Bayonnemême, pour employer le reste des bois du pays. La barre quiobstrue le fleuve formait le seul obstacle. Elle ne donnait quequatorze pieds d’eau à marée haute. Ce n’était pas assez pour