BAYONNE.
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un vaisseau de soixante-quatorze, échantillon que Napoléon Mai ta»,voulait construire dans ce port. Il imagina des travaux qui de-vaient reculer la barre de quelques centaines de toises, et pro-curer tout de suite un fond de vingt ou trente pieds, pacrequ’en s’éloignant la mer devenait extrêmement profonde, etque la barre descendait en proportion. Il fit venir des ingé-nieurs de Hollande, afiu de discuter et d’arrêter avec eux cesdivers travaux. Puis il adopta plusieurs projets pour envoyeraux colonies des recrues, des farines, dont elles manquaient,et en rapporter des sucres, des cafés, dont elles ne savaientque faire. Il commença par offrir aux armateurs du commerce Moyenune certaine somme par tonneau pour le transport des muni- () d e e stions et des hommes. Leur exigence s’étant élevée trop haut, allx e "j"" r ' es ’il décida le départ de corvettes et de frégates, qui devaient ,ut p 5cnre’esporter des recrues, des farines, et rapporter des denrées co-loniales pour le compte de l’Etat. A des circonstances extra-ordinaires il faut, disait-il, des moyens extraordinaires ; le pireserait de ne rien faire, car les colonies mourraient de faim àcôté de leurs barriques de sucre et de café, et nous manque-rions de ces denrées si précieuses à côté de nos farines ou denos salaisons invendues.
Eu ce moment il venait d’arriver à Bayonne un certain nom- Formation
J d une junte a
bre d’Espagnols considérables, choisis par ordre de Napoléon Ba ^ onne -dans les diverses provinces de l’Espagne pour composer unejunte. Ils avaient répondu à son appel, les uns parce qu’ilsétaient convaincus que, pour le bonheur de leur patrie, pourlui épargner une guerre dévastatrice, pour sauver ses colo-nies et assurer sa régénération, il fallait se rattacher à la dy-nastie Bonaparte; les autres, parce qu’ils étaient attirés parl’intérêt, par la curiosité, par la sympathie qu’inspire un homme
extraordinaire. Cependant le mouvement insurrectionnel qui Tendance à
l'insurrection
avait éclaté à Madrid le 2 mai, s’était communiqué dans plu-
' 1 1 quelques-unes
sieurs provinces à la fois, en Andalousie à cause de son éloi- des pinces
1 ' espagnoles.
gnement des troupes françaises, en Aragon à cause de l’esprit
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