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[Vol. 4.]
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NOTE

sur les publications espagnoles et françaises, et sur beaucoup de tra-ditions vivantes, recueillies dans son propre pays, lesquelles rendentson récit précieux sous quelques rapports. Parmi les auteurs français,un seul, M. Armand Lefèvre, a eu l’avantage d’être introduit aux affai-res étrangères. 11 a touché à quelques documents certains. A-t-il pu,grâce à cette initiation, connaître la vérité? Un seule remarque suffirapour répondre à cette question. La correspondance des affaires étran-gères] consiste en quelques dépêches fort rares de M. de Champagny,et en dépêches très-nombreuses de M. de Beauharnais, ambassadeurde France à Madrid. Or, M. de Champagny, très-honnéte homme, très-dévoué à l’Empereur, ne sut pas un mot de l’affaire d’Espagne. M. deBeauharnais, très-honnête homme, très-incapable, ne fut pris que pourjouer le personnage ridicule d’un ambassadeur qu’on trompait, afinqu’il trompât mieux la cour auprès de laquelle il était accrédité. Ne ditesrien à Beauharnais.... Je n’ai rien dit à Beauharnais.... sont les parolesqui se trouvent sans cesse dans la correspondance de Napoléon et deses agents en Espagne. Enfin, au moment de la catastrophe, Napoléonenvoya M. de Laforêt pour seconder Murat, n’estimant pas qu’on pût seservir de M. de Beauharnais, et il disgracia ce dernier sans vouloirmôme l’entendre, ce qui était de toute injustice. La correspondance desaffaires étrangères, quand on a eu l’avantage de la consulter, n’est doncelle-même qu’un insignifiant document sur les affaires d’Espagne. Maisalors, dira-t-on, où sont ces documents ? Dans la correspondance deNapoléon avec les agents qu’il employa en cette circonstance. Ces agentsfurent, à Paris, MM. de Talleyrand et Duroc; à Madrid, Murat d’abord,puis le général Savary, le maréchal Bessières, le général comte de Lo-bau , M. de Tournon, M. le général Grouchy, M. de Monthyon, dont lesrapports imprimés plus tard furent publiés autrement qu’ils n’avaientété écrits, enfin l’amiral Décrûs, fort employé dans celte affaire à causedes colonies espagnoles. Ce furent là les vrais agents de l’Empereur, lesseuls informés, et toujours partiellement, car chacun d’eux ne savaitque ce qui le concernait , et conjecturait le reste en proportion de sonesprit. Il y a une correspondance de tous ces personnages avec Napo-léon, et de Napoléon avec eux, correspondance considérable et très-curieuse, qui est au Louvre, que seul j’ai lue, qui semblerait devoir toutéclaircir, et qui cependant ne m’a complètement édifié moi-même qu'a-près des efforts opiniâtres, tels que ceux qu’on fait sur certains passagesdes historiens de l’antiquité pour arriver à découvrir telle ou telle véritéhistorique. En général, quand j’ai lu la correspondance de Napoléonavec ses agents, clic est si claire, si nette, si positive, que je n’ai plusun doute sur les événements. Eh bien, après avoir lu celle qui est rela-tive à l’Espagne, je suis demeuré long-temps dans les perplexités lesplus embarrassantes. Je vais dire pourquoi. D’abord Napoléon flottalong-temps entre divers projets ; et quand il fut fixé, il ne dit à personnece qu’il voulait. Peut-être le dit-il au général Savary, mais au dernier