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[Vol. 4.]
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NOTE

arrêté, dut-elle s’exécuter, car la cour d’Espagne n’était pas assez har-die pour fournir par une levée de boucliers le grief très-légitime qu’avaitfourni la cour de Naples; par quels moyens, dis-je, l’idée une fois ar-rêtée. dut-elle s’exécuter, là est la seconde question et la plus difficile.

On a dit que, le lendemain de la proclamation du prince de la Paix,Napoléon conçut à Berlin même le projet de détrônement. La correspon-dance de Napoléon, qui révèle à chaque instanl scs moindres impres-sions, fait foi du contraire. Après léna, il ne songea qu’à une immenseguerre au Nord. L’idée générale de se débarrasser plus tard des Bour-bons put se confirmer dans son esprit, mais le projet d'exécution n’yprit pas même naissance. On a dit qu’à Tilsit Napoléon fut décidé àsigner la paix par AL de Talleyrand, qui faisait valoir à scs yeux la né -cessité d’en finir au Nord pour reporter son attention au Midi, c’est-à-dire en Espagne ; qu’il fut même question avec l’empereur Alexandredu détrônement des Bourbons d’Espagne, et que ce détrônement futconsenti par Alexandre moyennant des sacrifices en Orient. Tout celaest faux. Napoléon fut décidé à traiter à Tilsit, par le sentiment de ladifficulté; car 1807 ne fut autre chose qu’un 1812 heureux, heureuxgrâce à la qualité de l’armée à cette époque; mais de l’Espagne, il n’enfut pas même question. La correspondance secrète de M. de Caulain-court est là pour l’attester: tout en effet fut nouveau pour Alexandrequand il apprit les événements de Madrid. On a donc calomnié la mé-moire de ce prince en avançant cela. Napoléon voulut signer la paixcontinentale à Tilsit, parce qu’il trouvait le Niémen bien loin du Rhin;et il ne songea là qu’à une chose, à contraindre l’Angleterre à la paixmaritime par l’union de tout le continent contre elle.

Revenu à Paris en juillet 1807, Napoléon ne s’occupa d’abord qued’administrer son empire, ce qu’il n’avait pas fait depuis un an, et en-suite de tirer les conséquences de la politique de Tilsit. En effet, tandisque le cabinet de Saint-Pétersbonrg, chargé de la médiation, adressaità l’Angleterre cette question : Voulez-vous la paix ou la guerre, la paixavec tous, ou la guerre avec tous? Napoléon disposait foute chose pourforcer les États restés neutres à se déclarer contre l’Angleterre, dans lecas où elle se déciderait à continuer les hostilités. Ces Etats restés neu-tres étaient le Danemark, T Autriche et le Portugal. Napoléon préparaune armée pour contraindre le Portugal. Mais sa correspondance, lanature de ses ordres prouvent qu’il ne songeait, à l’égard du Portugal,qu’à faire cesser la neutralité de celui-ci. Lorsqu’on août et septembre1807 l’Angleterre, pour toute réponse à la question pressante de la Rus-sie , répondit en brûlant Copenhague, le cri de guerre fut général contreelle, et alors seulement Napoléon songea à tirer parti de deux choses,la prolongation forcée de l’état de guerre, et l’indignation universelleexcitée contre la Grande-Bretagne, indignation qui lui permettrait detenter de son côté ce qu’il n’aurait jamais osé se permettre en d’au-tres temps.