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[Vol. 4.]
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NOTE

guerre intérieure; divisés sur plusieurs points, ils peuvent servir denoyau au soulèvement total de la monarchie.

» Je vous présente l’ensemble des obstacles qui sont inévitables, ilen est d’autres que vous sentirez.

» L’Angleterre ne laissera pas échapper cette occasion de multipliernos embarras : elle expédie journellement des avisos aux forces qu’elletient sur les côtes de Portugal et dans la Méditerranée; elle fait des en-rôlements de Siciliens et de Portugais.

» La famille royale n'ayant point quitté l’Espagne pour aller s’éta-blir aux Indes, il n’y a qu’une révolution qui puisse changer l’étatde ce pays : c’est peut-être le pays de l'Europe qui y est le moinspréparé. Les gens qui voient les vices monstrueux de ce gouverne-ment et l’anarchie qui a pris la place de l’autorité légale, sont le pluspetit nombre; le plus grand nombre profite de ces vices et de cetteanarchie.

» Dans l’intérêt de mon empire, je puis faire beaucoup de bien àl’Espagne. Quels sont les meilleurs moyens à prendre ?

» Irai-je à Madrid? Exercerai-je l’acte d’un grand protectorat en pro-nonçant entre le père et le fils ? Il me semble difficile de faire régnerCharles IV ; son gouvernement et son favori sont tellement dépopulari-sés qu’ils ne se soutiendraient pas trois mois.

» Ferdinand est l’ennemi de la France, c’est pour cela qu’on l’a faitroi. Le placer sur le trône sera servir les factions qui, depuis vingt-cinqans, veulent l’anéantissement de la France. Une alliance de famille se-rait un faible lien : la reine Élisabeth et d’autres princesses françaisesont péri misérablement, lorsqu’on a pu les immoler impunément à d’a-troces vengeances. Je pense qu’il ne faut rien précipiter, qu’il convientde prendre conseil des événements qui vont suivre. Il faudra forti-

fier les corps d’armée qui se tiendront sur les frontières du Portugal etattendre.

» Je n’approuve pas le parti qu’a pris V. A. I. de s’emparer aussiprécipitamment de Madrid. Il fallait tenir l’armée à dix lieues de la ca-pitale. Vous n’aviez pas l’assurance que le peuple et la magistratureallaient reconnaître Ferdinand sans contestation. Le prince de la Paixdoit avoir, dans les emplois publics, des partisans ; il y a d’ailleurs unattachement d’habitude au vieux roi, qui pourrait produire des résul-tats. Votre entrée à Madrid, en inquiétant les Espagnols, a puissam-ment servi Ferdinand. J’ai donné ordre à Savary d’aller auprès du vieuxroi voir ce qui se passe. Il se concertera avec V. A. I. J’aviserai ulté-rieurement au parti qui sera à prendre ; en attendant, voici ce que jejuge convenable de vous prescrire : Vous ne m’engagerez à une entre-vue, en Espagne, avec Ferdinand, que si vous jugez la situation deschoses telle que je doive le reconnaître comme roi d’Espagne. Voususerez de bons procédés envers le roi, la reine et le prince Godoy.Vous exigerez pour eux et vous leur rendrez les mêmes honneurs qu’au-