Band 
[Vol. 5.]
Seite
80
JPEG-Download
 

80

LIVRE XXXI.

Juin 1808.

Envoi

d’une armëe

assiégeante

sous

Snragosse,et formationdu corps«lu maréchalBessières,destineà combattreles insurgés.

du nordet à escorterJosephMadrid.

toscanes, et qu’il avait eu de bonne heure la précaution d’a-chetniner sur Avignon. Il y avait en Piémont les corps dontavaient été tirées la division française Chabran et la divisionitalienne Leclii. Napoléon leur emprunta de nouveaux déta-chements , faciles à trouver à cause de l’abondance des dé-pôts en conscrits, et les dirigea vers le Languedoc sous letitre de bataillons de marche de Catalogne. Il prit en outreà Marseille, Toulon, Grenoble, plusieurs troisièmes bataillonsqui étaient en dépôt dans ces villes, un bataillon de la cin-quième légion de réserve stationnée à Grenoble, et, enfin,s’adressant à tous les régiments qui avaient leurs dépôts surles bords de la Saône et du Rhône, et qui pouvaient par eauenvoyer en quelques jours des détachements à Avignon, illeur emprunta à chacun une compagnie, et en forma deuxbataillons excellents, qu’il qualifia du titre de premier et se-cond bataillon provisoire de Perpignan. C’est avec cette in-dustrie qu’il parvint à réunir un second corps de 7 à 8 millehommes pour la Catalogne, sans affaiblir d’une manière sen-sible ni l’Italie ni l’Allemagne. Heureusement pour lui, lecalme dont jouissait la France lui permettait de se priversans inconvénient môme des troupes de dépôt. Seulement,ces troupes de toute origine, de toute formation, les unes ita-liennes, les autres suisses, portugaises et françaises, la plu-part jeunes et point aguerries, présentaient de bizarres as-semblages, et ne pouvaient valoir quelque chose que parl’habileté des chefs qui seraient chargés de les commander.

Ces soins pris pour amener sur la frontière d’Espagne lesforces nécessaires, Napoléon s’occupa d’en disposer confor-mément aux besoins du moment. Il avait successivement ache-miné sur Saragosse les trois régiments d’infanterie de la Vis-tule, une partie de la division Verdier, avec le général Verdierlui-même, beaucoup d’artillerie de siège, et une colonne degardes nationaux d’élite levés dans les Pyrénées, le tout for-mant un corps de dix à onze mille hommes. 11 chargea le