Band 
[Vol. 5.]
Seite
105
JPEG-Download
 

BAYLKN.

105

ville, qui avait contribué aux massacres de nos blessés et denos malades, et d’en tirer les ressources dont elle abondait.Le capitaine Baste, avec un bataillon, deux canons, et unecentaine de chevaux, était entré audacieusement dans Jaen,avait mis en fuite les habitants, et ramené un immense convoide vivres, de vins, de médicaments de toute sorte.

Le général Dupont, ne se rendant malheureusement pascompte des inconvénients attachés à la position d’Andujar,mais les sentant confusément, était toujours en souci pourBaylen et le bac de Menjibar, qui donne passage sur le Gua-dalquivir devant Baylen. Aussi n’avait-il pas manqué d’y met-tre un détachement et d’y faire sans cesse des reconnais-sances. Ses inquiétudes s’étendaient plus loin, car il étaitobligé de pousser ses reconnaissances à gauche de Baylen,jusqu’à Baeza etUbeda, d’où partait une route de traversequi par Linarès allait tomber derrière Baylen, aux environsde la Caroline, tout près de l’entrée des défilés. C’est le casde répéter qu’il n’aurait pas eu ce souci on se plaçant à Bay-len même, qu’il eût gardé par sa seule présence, et d’où quel-ques patrouilles de cavalerie envoyées sur Baeza et Ubedaauraient suffi pour le garantir de toute surprise. Toutefois sonsouci le plus ordinaire était celui de vivre, quoiqu’il fût dansla riche Andalousie. Les moutons, qui abondent dans les Cas-tilles et l’Estrémadure, n’étaient pas fort répandus dans laSierra-Morena, où l’on ne trouvait guère que des chèvres,viande peu saine et peu nourrissante. Le blé était rare, la ré-colte de l’année précédente ayant été ou dévorée ou détruitepar les insurgés. Celle de l’année était sur pied. Les soldatsétaient obligés de moissonner eux-mêmes pour avoir du pain,et ils n’avaient en général que demi-ration. On leur donnait,en place, de l’orge qu’ils faisaient bouillir avec leur viande.Ils avaient un seul moulin pour moudre leur blé au bord duGuadalquivir, et souvent il leur fallait défendre ce moulincontre les attaques de l’ennemi. Ils étaient sur ce sol brûlant

Juillet 1608.

Expéditiondu capitaineBastesur Jaen.

Difficultéde vivre àAndujar.