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[Vol. 5.]
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LIVRE XXXI.

Juillet 1808.

Opérationà tenter contreles insurgés,par suitede la positionqu’ils avaientprise.

dation de tenir bien sur le Guadalquivir, mais de ne pas pé-nétrer plus avant en Andalousie. 11 eût été imprudent, eneffet, dans l’état des choses, de s’engager davantage au midide l’Espagne.

Dans ce moment, il se présentait, sans sortir de la défen-sive, de bonnes occasions de porter de redoutables coupsà l’insurrection. Les insurgés de Grenade, sous le généralReding, partie Suisses, partie Espagnols, s’étaient rendus àJaen, au nombre d’environ 12 ou 15 mille. Tandis que lesinsurgés de Grenade s’avançaient ainsi jusqu’à Jaen, ceux del’Andalousie sous le général Castanos, au nombre de 20 etquelques mille, ayant remonté le Guadalquivir, arrivaientdevant Bujalance (Voir la carte n° 44), et à quelques bandesde tirailleurs, à quelques patrouilles de cavalerie, on pouvaitjuger qu’ils n’étaient pas loin. Bien que l’espionnage militairefût impossible en Espagne, pas un paysan ne voulant trahirla cause de son pays (noble sentiment qui rachetait la férocitéde ce peuple, et qui l’expliquait), il était facile, aux signesqu’on recueillait à chaque instant de cette double marche, des’en faire une juste idée, et dès lors de s’y opposer. Le généralDupont pouvait très-bien, en laissant la division Gobert àBaylen et Menjibar, s’avancer avec les divisions Barbou etVedel au delà du Guadalquivir, se placer entre les deux ar-mées ennemies avec 14 ou 15 mille hommes, les battre l’uneaprès l’autre, ou toutes deux ensemble, et revenir à sa posi-tion après les avoir fort maltraitées. Quelle que fût leur force,il n’y avait aucune témérité à s’exposer à les rencontrer dansla proportion d’un contre deux. Cette opération, qui To-bligeait à un mouvement en avant de trois ou quatre lieues,n’était certainement pas une infraction à l’ordre de ne pass’enfoncer dans le midi de l’Espagne. Si cependant cette ré-solution lui paraissait trop hardie, il pouvait, en gardant unedéfensive rigoureuse, et en attendant l’ennemi, se réunir àVedel et à Gobert à Baylen même, et il était bien sûr, avec