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LIVRE XXXI.
Juillet 1808.
Le généralDufour,appeléà remplacerle généralGobert, croitque (es Espa-gnols veulenttournerBaylen parLinarès,et court àla Carolinepour les enempêcher.
mais ils éprouvèrent le sentiment qu’en appuyant de ce côtéle fer entrerait.
Le général Dufour revint à Baylen, où il avait une fortepartie de la division Gobert. Ayant vu les Espagnols ne pasle suivre, et rester fixés au bord du Guadalquivir, il fut portéà croire que leur attaque sérieuse se dirigeait ailleurs. Eneffet, tandis que le danger avait si peu d’apparence du côtéde Menjibar, il venait de prendre des proportions inquiétan-tes du côté de Baeza et d’Ubeda. Les reconnaissances en-voyées dans celte direction, soit qu’elles fussent exécutéespar des officiers peu intelligents, soit que les bandes irrégu-lières qui avaient franchi le Guadalquivir au-dessus de Men-jibar fussent très-apparentes, dénonçaient toutes la présenced’une armée véritable sur la route de traverse qui de Baezaet d’Ubeda aboutissait par Linarès à la Caroline, en passantderrière Baylen. A ces indications se joignaient les instruc-tions réitérées du général Dupont, qui, ayant commis la fautede ne pas se placer à Baylen, l’aggravait, loin de la réparer,par les inquiétudes continuelles qu’il ressentait, et qu’il com-muniquait à ses lieutenants. La veille et le jour même il avaitécrit au général Gobert qu’il fallait avoir sans cesse l’œil surcette traverse qui de Baeza et d’Ubeda donnait sur Linarès ;qu’au premier signe d’un mouvement de l’ennemi de ce côté,on devait rétrograder en masse de Baylen à la Caroline, carlà était le salut de l’armée, et qu’il fallait garder ce point àtout prix : étrange précaution, et qui perdit l’armée qu’elleavait pour but de sauver !
Le général Dufour, à qui se transmettaient de droit lesinstructions du général en chef après la mort du général Go-bert, recevant les renseignements les plus alarmants sur latraverse de Baeza à Linarès, n’y tint pas, et le soir mêmepartit de Baylen pour se porter à la Caroline, croyant qu’ilallait y préserver l’armée du malheur d’être tournée. Ce fatallieu de Baylen, où nous devions rencontrer le premier écueil