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LIVRE XXXI.
Juillet 1808.
Le generalVedel trou-vant le ge'ne'ralDufour partipour
la Caroline,se décideà le suivre,et Baylenest
ainsi evacudpour la troi-sième fois.
La chaleur depuis quelques jours était étouffante. Les nuitsn’étaient guère plus fraîches que les journées, et de plus il yavait toujours grande pénurie de vivres à Andujar. On puth peine, en s’imposant des privations, donner aux soldats deVedel de quoi se rassasier. Us repartirent le 16 à minuit d’An-dujar, encore très-fatigués de la marche qu’ils avaient faitedans la journée pour y venir, et laissant leurs camarades dela division Barbou fort attristés de cette séparation. La marchedura toute la nuit, et ils n’atteignirent Baylen que le matindu 17 à huit heures, le soleil étant très-haut sur l’horizon, etla chaleur redevenue brûlante.
Arrivé à Baylen, le général Vedel fut extrêmement étonnéd’apprendre que le général Dufour était parti pour la Caro-line, en ne laissant qu’un faible détachement en avant de Bay-len. Son étonnement cessa bientôt quand il sut ce qui avaitentraîné le général Dufour vers la Caroline, c’est-à-dire lebruit partout répandu d’un corps d’armée espagnol passé parBaeza et Linarès pour occuper les défilés. A cette nouvelle,sans plus réfléchir que la veille, lorsqu’il avait couru de Men-jibar à Andujar, il ne douta pas un instant de ce qu’on luirapportait. Il crut pleinement que les Espagnols, qui avaientsi peu insisté contre Andujar, qui n’avaient pas donné suiteau succès obtenu à Menjibar sur le général Gohert, poursui-vaient l’exécution d’un projet habilement calculé, celui detromper les Français par une fausse attaque, et de les tour-ner par Baeza et Linarès. Toutefois, quoique dominé par unepensée qu’il ne cherchait point à approfondir, il fit faire unereconnaissance en avant de Baylen, pour savoir si de ces po-sitions d’où l’on apercevait toute la vallée du Guadalquivir,on découvrirait quelque chose. Le détachement envoyé nedécouvrit rien, ni au pied des hauteurs, ni sur le Guadalquivirmême. Alors plus le moindre doute : l’ennemi, suivant le gé-néral Vedel, était tout entier passé par Baeza et Linarès pourse porter à la Caroline, et fermer derrière l’armée française